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« Groupe Wagner » dans « Le Monde », du conflit en Syrie à l’invasion de l’Ukraine

dimanche 17 avril 2022 par paradisfj.info

« Groupe Wagner » dans « Le Monde », du conflit en Syrie à l’invasion de l’Ukraine

Les mercenaires russes seraient impliqués dans le massacre de dizaines de civils à Boutcha, dans la banlieue de Kiev. Le nom de ce groupe militaire privé dont le Kremlin nie l’existence est apparu dans les colonnes du quotidien le 29 septembre 2016.

Publié le 15 avril 2022 à 11h36 - Mis à jour le 15 avril 2022 à 17h20

Lucas Minisini

L’horreur de la guerre, contre de l’argent. Parmi les dizaines de victimes civiles des forces russes à Boutcha, en banlieue de Kiev, plusieurs auraient été exécutées par les mercenaires russes du Groupe Wagner, selon le quotidien allemand Der Spiegel. Dans le village de Moura, au centre du Mali, début avril, la même entreprise de sécurité privée, liée au Kremlin, est pointée du doigt après la mort de plusieurs centaines de civils.

Le rôle exact du Groupe Wagner est moins évident la première fois qu’il apparaît dans Le Monde, le 29 septembre 2016, décrit comme « les soldats “fantômes” de Poutine en Syrie ». L’article, signé Isabelle Mandraud, relaie le tweet d’un site lié au ministère russe de la défense et décrit des soldats en uniforme « entourés d’enfants et distribuant des sacs de vivre ». La correspondante à Moscou rapporte les récits de médias russes sur un « groupe militaire » impliqué dans l’annexion de la Crimée, en 2014, désormais présent en Syrie.

Trois journalistes assassinés

Sans réponse du ministère russe de la défense, qui nie l’existence du groupe, l’article mentionne une citation de Vladimir Poutine sur la question des entreprises de sécurité privée, en 2012 : « “C’est un véritable outil”, affirmait alors le chef du gouvernement, “pour la mise en œuvre d’intérêts nationaux sans la participation directe de l’Etat.” » La preuve, avec l’élimination de chefs de guerre du Donbass, en février 2017, où le Groupe Wagner est, cette fois, clairement, mis en cause. « Tout Louhansk le sait, c’est un secret de Polichinelle comme vous dites en français », raconte un ancien responsable militaire cité par Isabelle Mandraud.

Quand ils tentent d’en savoir plus sur le rôle de cette unité militaire privée en Centrafrique, trois journalistes russes sont assassinés dans des conditions troubles, ­rapportent Gaël Grilhot, Benoît Vitkine et Cyril Bensimon en 2018. Là encore, « l’arrivée de Wagner en Afrique constitue un secret de Polichinelle » pour les trois journalistes, mais « la nature exacte de ses activités reste mystérieuse ». L’entreprise, dont le nombre d’employés et la structure restent inconnus, est engagée pour assurer la sécurité du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra et la formation d’une partie de l’armée régulière. En guise de rémunération, le Groupe Wagner serait aussi propriétaire d’une entreprise locale d’exploitation minière, pointe l’enquête.

Le 17 décembre 2018, Christophe Châtelot, Isabelle Mandraud et Marie Bourreau décortiquent la stratégie africaine du Kremlin. Et, pour la première fois, Le Monde nomme l’homme qui serait à la tête de la compagnie de mercenaires : Evgueni Prigojine. Neuf années de prison, le surnom de « cuisinier de Poutine », une usine à trolls sur les réseaux sociaux impliquée dans le soutien à Donald Trump, en 2016, dessinent un premier profil de cet homme. Benoît Vitkine lui consacre un long portrait en octobre 2019. Lire la suite.


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