Paradis fiscaux et judiciaires

La corruption existe dans le tennis

mercredi 10 octobre 2007

SPORTS : « La corruption existe dans le tennis »

Date de parution : Mercredi 10 octobre 2007

Auteur : Julie Conti

PHENOMENE. Des joueurs pourraient toucher plusieurs milliers de francs pour « se coucher ».

Déclaration choc à la BBC de l’Anglais Andy Murray, 18e joueur mondial : « La corruption existe dans le tennis. C’est très décevant pour tous les joueurs, mais tout le monde sait que cela est fréquent. » Pure provocation ou révélation sulfureuse sur les bas-fonds du tennis ?
« Il est clair que le phénomène existe, c’est une évidence », affirme Alexis Bernhard. L’entraîneur national, responsable des juniors, a déjà entendu des confidences d’entraîneurs et de joueurs qui auraient reçu des propositions pour perdre des matchs contre de l’argent. Le phénomène n’existerait pas chez les jeunes, ni sur les tournois majeurs, mais toucherait des tournois secondaires.

« Ça se passe dans des tournois mineurs parce qu’il y a peu de points en jeu et que les prize money sont assez faibles », explique Dimitri Zavialov, l’entraîneur du Vaudois Stanislas Wawrinka. Dans ces compétitions, qui se déroulent loin des projecteurs, les résultats suspects ont davantage de chances de passer inaperçus. Il estime que le phénomène a commencé il y a cinq ou six ans avec l’ouverture des premiers sites de paris en ligne mais qu’il demeure marginal.

Tentation

Alexis Bernhard a entendu parler de sommes qui se monteraient « à plusieurs dizaines de milliers de francs ». Une belle offre pour des joueurs du bas du classement. « Un joueur qui est 100e mondial gagne dans les 250000 dollars de prize money par année, détaille Marc Rosset. Quand il a payé ses frais, il ne lui reste qu’environ 30 000 dollars à mettre de côté. Alors, j’imagine que si on lui propose cette somme pour se coucher, ça peut être tentant. » Une pacotille en revanche pour les membres du top ten. « Je ne pense pas que le phénomène touche les meilleurs joueurs car ils doivent défendre leur place et, à ce niveau, chaque point compte, nuance Alexis Bernhard. De plus, les stars gagnent beaucoup d’argent grâce notamment à leurs sponsors. Si un scandale les concernant devenait public, ils perdraient tout. »

Difficile de mettre des noms sur le phénomène. Selon des entraîneurs, ni Stanislas Wawrinka ni aucun joueur suisse n’auraient jamais été approchés. Le premier joueur à avoir été suspecté de s’être volontairement « couché » est Nicolay Davydenko. Des sommes d’argent anormalement hautes avaient été pariées sur une défaite du Russe, pourtant grand favori lors du tournoi de Sopot en août.

Depuis, d’autres joueurs ont confié avoir été approchés par des groupes mafieux. Pourtant, côté court, ils ne sont pas si nombreux à vider leur sac. « Je n’en ai pas entendu parler personnellement, confie prudemment Yves Allegro, joueur professionnel en double. Mais il n’y a pas de fumée sans feu. » « Je ne peux pas m’imaginer que le tennis soit aussi pourri, renchérit Severin Lüthi, capitaine de l’équipe de Suisse. Mais il n’est pas impossible que sur le premier tour d’un petit tournoi... »

Pour contrer le phénomène, l’ATP a mis en place un numéro vert. Mais les joueurs oseront-ils dénoncer des organisations mafieuses ? « Tout ce que j’espère, c’est que certains joueurs ne se couchent pas parce qu’ils se sentent menacés comme ça a été le cas pour d’autres sports dans certains pays », conclut Dimitri Zavialov.

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