Paradis fiscaux et judiciaires

Transferts du PSG : l’enquête entre dans sa phase décisive

mercredi 9 mai 2007

Transferts du PSG : l’enquête entre dans sa phase décisive

FOOTBALL Les policiers ont remonté plusieurs pistes financières

E. D. [11 avril 2005]

Dans les coulisses du football professionnel français, juges et policiers progressent. Pendant que les auditions comme témoins assistés des quatre anciens présidents du PSG - Laurent Perpère, Charles Biétry, Pierre Lescure et Michel Denisot - occupaient l’avant-scène, des investigations beaucoup plus discrètes étaient menées en Suisse et à Monaco.

D’importants mouvements en liquide ont ainsi été relevés sur un compte suisse détenu par Bernard Sau, un agent bien connu notamment à Paris et à Marseille. Mais le principal intermédiaire actuellement dans le collimateur des enquêteurs s’appelle William Mac Kay. Selon leurs constatations, sur 22 millions d’euros perçus par cette figure du football britannique entre 1999 et 2004, plus de 6,5 millions ont été retirés en liquide. A quoi cette masse de cash a-t-elle servi ?

L’intermédiaire écossais, qui doit être prochainement interrogé par le juge Van Ruymbeke, justifie ses retraits par sa passion des jeux et des chevaux (voir ci-dessous). Son avocat anglais, Nicolas Stewart, a pour sa part ouvert une polémique avec le magistrat instructeur. Il a expliqué au Figaro que « le juge a décidé de bloquer ses comptes alors même qu’à ce jour (son client) n’est accusé de rien. La loi française précise qu’une telle mesure ne peut être prise que pour la manifestation de la vérité. Or la saisie de son argent ne peut pas permettre de faire la vérité. Il s’agit d’une décision arbitraire. » Me Versini-Campinchi, le conseil français de Mac Kay, se refuse quant à lui à tout commentaire.

Les investigations policières touchent aussi le transfert du Brésilien Ronaldinho réalisé grâce à un montage financier via une filiale néerlandaise de Canal +. Un autre dossier devrait connaître de rapides développements. Il concerne le Club de l’Europe constitué de six grands clubs français qui ont touché, entre 1999 et 2003, 160 millions d’euros de l’ancienne direction de Canal +, alors même qu’ils n’étaient pas propriétaires des droits télévisuels de leurs rencontres.

Les policiers ont déjà entendu des responsables de la chaîne ainsi que la plupart des présidents des clubs concernés au moment des faits : Jean-Michel Aulas pour Lyon, Laurent Perpère pour le PSG, Robert Louis-Dreyfus pour Marseille, Jean-Louis Campora pour Monaco, Gervais Martel pour Lens et Jean-Louis Triaud pour Bordeaux. Les enquêteurs s’interrogent sur une éventuelle « entente illicite ». L’argent versé aurait pu garantir à Canal + les voix de ces clubs au sein de la Ligue professionnelle lors des appels d’offres pour l’attribution des droits télé.

Dans les prochaines semaines, le procureur de la République de Paris décidera de l’ouverture d’une information judiciaire ou du classement sans suite du dossier.

Enfin, une réunion a eu lieu la semaine dernière entre les services de police et la Répression des fraudes afin de faire le point sur leurs investigations réciproques, notamment sur les contrats entre la Fédération française de football (FFF) et le groupe Jean-Claude Darmon.

© Le Figaro.

Publié avec l’aimable autorisation du journal Le Figaro.

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Pour plus de précisions veuillez vous reporter aux rubriques suivantes :

1) l’interview de Denis Robert : le football est devenu une formidable machine à blanchir de l’argent ;

2) L’ouvrage de Denis Robert : "le milieu de terrain".


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