Paradis fiscaux et judiciaires

L’affaire du casino d’Annemasse laisse Charles Pasqua de marbre

mercredi 7 novembre 2007

06/11/2007 17:53

PARIS (AFP) - L’affaire du casino d’Annemasse laisse Charles Pasqua de marbre

L’ancien ministre Charles Pasqua est resté silencieux mardi au deuxième jour de son procès sur le financement illégal présumé de sa campagne des européennes de 1999, refusant de répondre au tribunal sur ses liens avec un de ses co-prévenus.

La 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris doit se pencher mardi et mercredi sur les conditions dans lesquelles a été accordée par M. Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, l’autorisation d’exploiter le casino d’Annemasse (Haute-Savoie), en mars 1994.

L’accusation établit un lien entre le financement de la campagne européenne de 1999 du parti de Charles Pasqua, le Rassemblement pour la France (RPF), et les profits tirés de la vente du casino en 1995.

Selon l’hypothèse de la justice, une partie du produit de la revente aurait servi à financer la campagne européenne du RPF, via une avance de 7,5 millions de francs (1,143 million d’euros) de Marthe Mondolini, 55e sur la liste conduite par M. Pasqua et Philippe de Villiers.

A l’origine du projet de casino à Annemasse, à la frontière helvétique, on retrouve deux proches de Charles Pasqua : Michel Tomi, le père de Marthe Mondoloni, et Robert Feliciaggi.

Le 23 mars 1994, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua avait autorisé l’exploitation du casino d’Annemasse, sans machine à sous, par Robert Feliciaggi. Ce dernier l’avait revendu en 1995 pour 100 millions de francs (15 millions d’euros) avec une importante plus-value.

Présenté comme un "élément moteur dans l’affaire" par le président de la 11e chambre, Jean-Louis Kantor, M. Feliciaggi n’est plus là pour répondre. Il a été assassiné en mars 2006 à Ajaccio.

Michel Tomi et sa fille sont en revanche sur le banc des prévenus. M. Tomi a a admis mardi avoir eu l’idée du casino. Il a réfuté en revanche avoir participé au montage financier de Robert Feliciaggi et au partage des profits tirés de la vente.

Le témoignage d’une ancienne collaboratrice lu à l’audience prétend au contraire que le casino a été vendu "à 50/50" par MM. Feliciaggi et Tomi.

Le tribunal a souhaité savoir quels étaient les liens entre Michel Tomi et Charles Pasqua. "Des relations d’ordre familial. Nos pères étaient policiers et amis", a expliqué Michel Tomi, 60 ans, qui a regretté que le contrôle judiciaire l’empêchait désormais de continuer de voir Charles Pasqua.

D’un léger signe de tête et avec un petit sourire, l’ancien ministre a pour sa part refusé de s’exprimer, alors que le président l’y invitait. Impassible, il a donc écouté le magistrat lire ses déclarations devant les enquêteurs. Il y évoque sa "grande amitié" avec Michel Tomi.

La situation a été jugée "un peu surréaliste" par le président Kantor.

Par son attitude, M. Pasqua a confirmé ce qu’avait annoncé son avocat à l’ouverture du procès. Lundi, Me Léon-Lef Forster avait fait valoir que son client ne répondrait "à aucune question", estimant que son statut d’ancien ministre lui imposait de ne s’exprimer que devant la Cour de justice de la République (CJR).

L’audience de mercredi dira s’il conserve le même mutisme alors que le tribunal a prévu de l’interroger sur l’autorisation d’exploitation du casino d’Annemasse qu’il avait accordée en mars 1994, contre l’avis de la commission supérieure des jeux du ministère de l’Intérieur.

© AFP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence France Presse.

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