Paradis fiscaux et judiciaires

Un vol direct va relier Genève et les paradis fiscaux de Jersey

mercredi 7 novembre 2007

Un vol direct va relier Genève et les paradis fiscaux de Jersey

AVIATION | 06 Novembre 2007 00h00

Blue Islands ouvre une ligne aérienne entre la place financière suisse et Jersey. But avoué : les banques helvétiques vont pouvoir développer de plus grandes affinités avec les îles Anglo-Normandes, peu gourmandes fiscalement.

Une nouvelle ligne aérienne vient de s’ouvrir entre Jersey et les aéroports de Genève et Zurich. Ce n’est pas l’intérêt touristique de l’île qui a poussé la compagnie Blue Islands à inaugurer cette liaison, même si la présence de Victor Hugo sur les deux îles de Jersey et Guernesey a laissé d’intéressantes traces de son exil. Derek Coates, le patron de la compagnie d’aviation ne s’en cache pas : « L’introduction d’une ligne régulière desservant Genève et Zurich est liée au développement florissant du secteur financier des îles anglo-normandes. »

Mieux connues des Anglo-Saxons sous le nom de Channel Islands, elles sont rattachées à la couronne britannique, mais chacune d’entre elles dispose de sa propre fiscalité. Une autonomie que Guernesey utilise pour attirer les entreprises étrangères. Les non-résidents sont exemptés de l’impôt sur le revenu. Cette situation va encore évoluer : d’ici à 2008, les résidents (qui paient aujourd’hui 20% d’impôts) seront aussi exemptés. Comme sa voisine Jersey, la petite île regorge de banques et de compagnies d’assurances qui pèsent la moitié de l’économie. En 2002, suite à leurs engagements, les îles Anglo-Normandes sont sorties de la liste noire des paradis fiscaux de l’OCDE.

La directive sur l’épargne affecte les deux îles

A moins de 50 kilomètres des côtes françaises, Jersey et Guernesey sont des destinations commodes pour les « riches touristes » à la recherche de solutions d’héritage et de défiscalisation. Ces deux gros cailloux ont le statut de membre associé de l’Union européenne, mais ils n’en font pas partie. Il n’y existe ni TVA, ni impôt sur la fortune, ni droits de succession ou de donation. Mais personne n’a vraiment envie de s’exiler comme Victor Hugo dans ces prisons dorées. Dans la pratique, les étrangers « non-résidents » constituent un trust à Jersey ou Guernesey lorsqu’ils veulent échapper au droit successoral.

Jersey est également un centre financier international avec 55 banques, plus de 33 000 sociétés enregistrées et plus de 150 milliards de livres sterling (360 milliards de francs suisses) en dépôt dont 68% en devises étrangères. Ainsi, le secteur financier de l’île produit 60% du produit domestique brut et 60% de l’impôt sur le revenu. Il emploie près de 30 000 personnes.

Dans un tel contexte, il est évident que les banques suisses y ont des bureaux de représentation et forment une large part de la communauté bancaire des deux îles. Les grands noms de la finance y ont pignon sur rue. A l’instar de la Suisse, la directive européenne sur l’épargne affecte également Jersey et Guernesey et, comme elle, savent en trirer profit. Le conseiller d’Etat genevois François Longchamp n’a pas manqué de saluer, hier lors de l’inauguration officielle, cette liaison qui « renforcera les liens entre nos centres financiers qui sont nés et se sont développés dans des circonstances assezsimilaires, portés par unevolonté affirmée d’autonomie nationale ».

Tribune de Genève © Edipresse Publications SA

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