Paradis fiscaux et judiciaires

UBS en flagrant délit !

jeudi 8 novembre 2007

BRÉSIL - ÉVASION FISCALE

UBS en flagrant délit !

Des employés de UBS et d’une filiale du Credit Suisse ont aidé à soustraire 600 millions de dollars au fisc brésilien ! Depuis mardi, ils sont sous les verrous

Nicolas Goulart - 07/11/2007

Le Matin

Grosse prise pour la police fédérale brésilienne : elle a saisi l’équivalent de 4 millions de francs suisses, en dollars et en reals, et une vingtaine de personnes ont été arrêtées. Parmi elles, deux employés de sociétés suisses : UBS et Clariden Leu, banque d’affaires dépendant du Credit Suisse. Selon l’enquête, ce schéma aurait permis, sur dix-huit mois, l’évasion de 600 millions de dollars !

Une liste d’accusation gratinée pèse sur les prévenus : gestion frauduleuse, blanchiment, trafic de devises, évasion fiscale, association de malfaiteurs, notamment.

"Evasion en 4 étapes"

Voici comment se décompose le schéma mis au jour par la police brésilienne :

1 Les clients des banques (de grosses entreprises brésiliennes) transfèrent l’argent sur le compte brésilien d’un trafiquant de monnaie, complice qui n’est qu’un intermédiaire.

2 Celui-ci a aussi un compte à l’extérieur du pays. Il transfère de ce dernier l’équivalent de la somme reçue sur son compte brésilien. Il le fait pour ne pas être repéré par les autorités de contrôle de la Banque centrale brésilienne.

3 Il rééquilibre ses deux comptes grâce à un stratagème comptable pas encore connu.

4 Les entreprises peuvent gérer un compte obscur dans le secret le plus absolu.

Bénéfice illégal double

Ainsi, les entreprises brésiliennes pouvaient soustraire de l’argent au fisc mais aussi ne pas payer des taxes d’importation sur différents produits. Grâce à ces comptes secrets, un bien d’une valeur de 15 dollars était officiellement facturé 10 dollars, et elles payaient les 5 dollars restants depuis le compte extérieur.

« Operação Suiça » !

« Il n’a pas été facile d’obtenir la collaboration des autorités suisses », a déclaré Ricardo Andrade Saadi, responsable en charge de l’enquête. Pourtant il y a bien eu collaboration, ce qui n’est pas courant, comme nous le confirme Ygor Salles, journaliste à la « Folha de São Paulo ». « Généralement, les autorités suisses ne le font que lorsqu’on leur apporte des preuves irréfutables de délit, ce qui est très difficile. »

Deux autres opérations ont eu lieu ces dernières années, où des filiales locales du Credit Suisse avaient été impliquées. « La police a d’ailleurs baptisé « Operação Suiça » la première de celles-ci ! » D’après notre informateur, ce coup de filet ne serait que la pointe de l’iceberg en matière d’évasion fiscale. « Mais ils se modernisent, ajoute-t-il. Avant, ils opéraient avec leurs filiales locales, maintenant, ils envoient des employés itinérants, ce qui laisse beaucoup moins de traces. »

Du côté des banques concernées, leurs porte-parole confirment l’arrestation de leurs employés respectifs, mais se refusent à tout autre commentaire.

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