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La police macédonienne affronte des « criminels » albanais

jeudi 8 novembre 2007

INTERNATIONAL : La police macédonienne affronte des « criminels » albanais

Date de parution : Jeudi 8 novembre 2007

Auteur : Jean-Arnault Dérens

MACEDOINE. Huit hommes en armes tués dans le nord-ouest du pays.

De violents affrontements ont éclaté mardi matin entre la police macédonienne et un groupe armé de « criminels » albanais, dans les montagnes du Shar, qui surplombent Tetovo, au nord-ouest du pays. Huit des « criminels », selon la terminologie utilisée par la police, ont trouvé la mort, tandis que la police affirme qu’elle n’a enregistré aucune perte dans ses rangs. Selon l’OTAN, un hélicoptère de la police aurait pourtant été abattu, ce que les autorités macédoniennes refusent de confirmer.

Il s’agit du plus grave incident dans l’ex-république yougoslave depuis la conclusion des accords de paix d’Ohrid, en août 2001, qui avait mis fin aux activités de la guérilla albanaise de l’Armée de libération nationale (UÇK-M).

La police traquait un ancien commandant de l’UÇK-M, Lirim Jakupi, alias « Nazi ». Celui-ci purgeait une peine au Kosovo pour des délits de droit commun, mais il s’est échappé en août dernier. La police avait déjà lancé plusieurs opérations pour le capturer, mais le fugitif a encore réussi à s’échapper.

Détérioration politique

En octobre, des accrochages se sont également produits dans la région de Kumanovo, où un ancien commandant de la guérilla, Xhezair Shaqiri, plus connu sous son nom de guerre de « Hoxha », a déclaré que les villages albanais frontaliers du Kosovo organiseraient un référendum pour se rattacher à ce territoire dès qu’il obtiendrait l’indépendance. « A Kumanovo, Hoxha mène le jeu, et les revendications sont politiques, tandis qu’à Tetovo, il s’agit davantage de bandes mafieuses », explique Viktor Zakar, un journaliste local.

Le climat politique ne cesse de se détériorer en Macédoine. Le 25 septembre, un véritable pugilat a opposé les députés des deux principaux partis albanais du pays : le Mouvement démocratique pour l’intégration (BDI), qui regroupe la plupart des anciens rebelles, et le Parti démocratique des Albanais (PDSH), qui participe à l’actuel gouvernement. Certains des élus ont même brandi des kalachnikovs dans l’enceinte du parlement.

Les péripéties politico-mafieuses qui affectent la Macédoine se déroulent alors que les négociations sur l’avenir du Kosovo sont bloquées. Le gouvernement de Skopje garde une position prudente sur le dossier, mais préférerait l’hypothèse de l’indépendance, considérée comme un « moindre mal » pour la Macédoine. Pour Skopje, le scénario catastrophe serait en effet celui d’une partition du Kosovo, qui servirait de précédent pour justifier la sécession des régions albanaises du nord-ouest du pays.

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