Paradis fiscaux et judiciaires

Enquête autour du meurtre d’un banquier

dimanche 17 février 2008

ECONOMIE : Enquête autour du meurtre d’un banquier

Date de parution : Samedi 16 février 2008

Auteur : Yves Genier

ILES CAIMANS. La victime travaillait pour le groupe Espírito Santo, enraciné à Lausanne.

Le banquier suisse trouvé mort aux îles Caïmans le vendredi 8 février était employé d’un groupe bancaire portugais avec de solides racines lausannoises, Espírito Santo Financial Group (ESFG). Frédéric B., 40 ans, occupait la position de numéro deux de la filiale caïmane, Bank Espírito Santo (International) Ltd.

« Sa mort n’est pas liée à ses activités professionnelles » affirme au Temps José Leal de Faria, responsable de la filiale, qui ajoute : « Je suis personnellement très surpris de ce qui s’est produit. »

La Police royale des îles Caïmans, archipel caraïbe placé sous souveraineté britannique, a expliqué mardi que la victime avait été tuée avant d’être placée dans une camionnette à laquelle a été mis le feu dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 février. L’enquête suit son cours pour tenter d’établir les mobiles. Un homme de 28 ans, suspecté d’être l’auteur du meurtre, a été arrêté jeudi soir. La police n’a cependant pas confirmé, ni infirmé, l’explication avancée par le directeur de la filiale caïmane d’Espírito Santo.

Place offshore

Frédéric B. s’était établi sur l’île de Grand Cayman en 2001 après avoir travaillé quelques années dans le service du fichier central de la Banque Privée Espírito Santo, à Lausanne. « C’était un collaborateur tranquille au back-office. Il a décidé de s’établir aux îles Caïmans pour des raisons personnelles », confirme un cadre de la banque, laquelle gère environ 10 milliards de francs.

La filiale caïmane emploie « moins de dix personnes », selon son directeur. Installée dans un immeuble de bureaux du quartier de West Bay, au cœur du nouveau centre d’affaires, de la zone des grands hôtels et des plages, la banque exerce « des activités en relation avec le groupe », comme le résume laconiquement José Leal de Faria, qui refuse d’en dire davantage.

Les quelque 300 filiales de banques étrangères présentes sur l’archipel ont généralement pour fonction d’administrer les fonds qui ont élu domicile dans cette place financière offshore à la fiscalité et à la réglementation très légères. Les îles Caïmans occupent de loin le premier rang mondial pour la domiciliation des hedge funds et figurent parmi les cinq plus grandes places de domiciliation des trusts.

Actif avant tout dans la banque de guichets et dans les assurances au Portugal, Espírito Santo Financial Group vaut un milliard d’euros en bourse de Lisbonne. Son résultat net pour l’exercice 2006 s’élevait à 303 millions. Son principal actionnaire est la famille Espírito Santo, qui s’est installée à Lausanne après la nationalisation de son groupe en 1974. Elle en est redevenue propriétaire à la fin des années 1980 lors d’une privatisation.

© Le Temps. Droits de reproduction et de diffusion réservés. www.letemps.ch

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