Paradis fiscaux et judiciaires

Fraude fiscale : Berlin redouble de pression sur le Liechtenstein

samedi 23 février 2008

23/02/2008 13:59

BERLIN (AFP) - Fraude fiscale : Berlin redouble de pression sur le Liechtenstein

[illustration : Le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück à Berlin, le 15 février 2008 - © 2008 AFP - Marcus Brandt]

Le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück a redoublé la pression sur le Liechtenstein, menaçant dans la presse allemande de "compliquer les mouvements d’affaires" avec ce paradis fiscal s’il s’obstinait à refuser de coopérer dans la lutte contre la fraude fiscale.

"Le Liechtenstein doit changer les conditions générales avec lesquelles il invite à la fraude fiscale en Allemagne ou ailleurs", a-t-il dit dans un entretien au quotidien allemand Bild am Sonntag à paraître dimanche.

"Il y a une possibilité de coopérer. Nous souhaiterions signer une convention sur la double imposition avec le Liechtenstein", a-t-il souligné.

En cas de non-coopération, le ministre dit envisager "la possibilité de compliquer nettement les mouvements d’affaires avec le Liechtenstein. Avec l’objectif qu’il ne soit plus attrayant de faire des affaires avec le Liechtenstein".

La chancelière allemande Angela Merkel a exigé samedi que la justice soit rendue "sans acception de personnes" dans l’affaire de fraude fiscale sans précédent en Allemagne.

Les révélations sur ce scandale ont suscité "avec raison" une vague d’indignation dans le pays, a affirmé la chancelière dans le message vidéo qu’elle diffuse habituellement le samedi.

"Heureusement, beaucoup de gens contribuent dans ce pays à ce que nous puissions vivre librement, de façon juste et solidaire. Certains doivent apprendre (à le faire) et pour cela l’Etat va prendre ses mesures", a-t-elle dit.

Le Liechtenstein est cloué au pilori depuis que des informations sur ses pratiques bancaires achetées à un informateur par les services secrets allemands ont déclenché une gigantesque enquête contre la fraude fiscale.

Considéré comme un paradis fiscal à l’instar d’Andorre et Monaco par l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), la principauté a fait savoir qu’elle maintiendra son secret bancaire et l’anonymat des fondations.

Le gouvernement allemand avait annoncé vendredi qu’il pourrait imposer "une déclaration obligatoire des transferts d’argent" vers la principauté ou les imposer à la source si le Liechtenstein ne coopérait pas dans la lutte contre la fraude fiscale.

M. Steinbrück a dit vouloir "lancer un défi aux paradis fiscaux européens".

"Il ne s’agit pas seulement du Liechtenstein. Nous parlons aussi de la Suisse, du Luxembourg ou de l’Autriche", a-t-il dit.

Les Etats de l’UE qui pratiquent le secret bancaire, le Luxembourg, la Belgique et l’Autriche, ont obtenu de ne pas participer à un échange d’informations entre administrations sur les revenus de l’épargne des non-résidents instauré par l’UE en 2005.

Selon un sondage représentatif de l’institut Emnid devant être publié dimanche dans le quotidien Bild am Sonntag, 89% des contribuables allemands affirment n’avoir jamais dupé le fisc. Ils sont 10% à reconnaître l’avoir fait. Les plus honnêtes sont les moins aisés, selon ce sondage. Toutes les personnes interrogées dont les revenus nets mensuels sont inférieurs à 1.000 euros ont affirmé n’avoir jamais fraudé le fisc. Parmi les contribuables aux revenus nets mensuels dépassant 2.500 euros, 19% ont avoué n’être pas toujours honnêtes avec le fisc allemand.

© AFP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence France Presse.

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