Paradis fiscaux et judiciaires

Un policier aurait vendu des informations sur Total

mercredi 19 mars 2008

13:21 | 19/03/2008 Reuters

Un policier aurait vendu des informations sur Total

Patrick Moigne, commissaire de la branche financière de la police parisienne mis en examen pour corruption, aurait vendu des informations relatives à des poursuites judiciaires visant la société Total, a-t-on appris de source judiciaire.

"On a découvert la quasi-preuve que des personnes impliquées dans des officines ont pu avoir connaissance de futures opérations de police et de futures gardes à vue dans au moins une affaire sensible", a-t-on précisé. Cette affaire concerne le groupe pétrolier Total, a-t-on ajouté. Les "officines" sont des sociétés dites "d’intelligence économique", c’est-à-dire de renseignement privé, qui revendaient les informations.

Le groupe pétrolier français ne souhaite faire aucun commentaire sur ces informations, a dit une porte-parole.

Le directeur général de Total, Christophe de Margerie, est mis en examen dans deux dossiers de corruption. L’un vise le programme onusien pour l’Irak "pétrole contre nourriture", l’autre des opérations en marge d’un contrat d’exploitation du champ de gaz South Pars en Iran.

Dans l’affaire iranienne, Christophe de Margerie, poursuivi depuis mars 2007 pour "corruption d’agent public étranger", a interdiction dans son contrôle judiciaire de rencontrer l’ancien président iranien Ali Akbar Hachémi Rafsandjani et son fils Mehdi, acteurs supposés de la corruption.

Depuis octobre 2006, il est aussi mis en examen pour "complicité de corruption" dans l’autre dossier portant sur l’Irak de Saddam Hussein. Ce dossier est actuellement en règlement en vue d’un renvoi éventuel devant le tribunal correctionnel, qui pourrait intervenir avant la fin de l’année.

Une autre procédure en cours pour "blanchiment de capitaux" susceptible de viser Total a été ouverte à Paris l’an dernier. Elle porte sur des versements suspects à un ancien ministre de la Justice du Cameroun, fief du géant pétrolier. La société, a assuré son porte-parole mercredi, a été mise hors de cause.

Total a nié par ailleurs être visé par une enquête sur l’Argentine mentionnée par une source judiciaire.

Mis en examen pour "corruption et violation du secret professionnel", le commissaire Moigne, qui dirigeait depuis 2003 la Brigade des fraudes aux moyens de paiement, a été suspendu de ses fonctions vendredi dernier par le ministère de l’Intérieur.

Le parquet a fait appel de sa remise en liberté sous contrôle judiciaire. La chambre de l’instruction examinera le dossier mardi prochain. Deux autres personnes, dont le patron d’une société d’intelligence économique, ont été mises en examen dans cette procédure et laissées libres.

Patrick Moigne a reconnu lors de sa garde à vue avoir vendu des informations extraites notamment du fichier national de police STIC, de janvier 2006 à juillet 2007, pour des sommes se montant à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Il était en contact avec toutes les grandes unités de la police parisienne chargées des "affaires" politico-financières, qui enquêtent en particulier sur des allégations de corruption dans les partis politiques ou les grandes sociétés.

Thierry Lévêque

© REUTERS

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence Reuters.

Visitez le site de l’Agence Reuters.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 1923 / 613127

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site La Corruption  Suivre la vie du site Corruption économique  Suivre la vie du site LES CAISSES NOIRES DES ENTREPRISES  Suivre la vie du site Total   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.17 + AHUNTSIC

Creative Commons License