Paradis fiscaux et judiciaires

Traders de brut et de cash

dimanche 1er avril 2001

Traders de brut et de cash,

La Lettre du Continent, 01/03/2001 :

« Le trading du pétrole dans les pays du Golfe de Guinée s’opère, dans le plus grand secret, entre une poignée de "joueurs".

Ces traders et leurs banquiers montent de vraies raffineries financières pour dégager du cash en dollars. […] Le plus puissant trader de la région est Glencore, créé à l’origine par Marc Rich, toujours lui-même actif sur le brut africain : il a notamment fourni des cargaisons de produits pétroliers au Congo-K, en Côte d’Ivoire et au Cameroun. En Angola, Glencore a travaillé avec Paribas […], pour notamment, préfinancer les achats d’armements de ZTS-Osos (Falcone/Gaydamak).

Indirectement. Au Congo-B, Glencore a pour partenaire financier la Société générale. Sa plus belle opération a été le rachat, pour 200 millions $, de la créance pétrolière d’Agip sur l’État congolais.

En contrepartie, le trader va enlever, selon nos informations, 18 cargaisons de brut congolais jusqu’en juin 2003.

Cet article de la lettre confidentielle dirigée par Antoine Glaser est très instructif. Dans la lignée de Marc Rich, l’homme aux marges fabuleuses qui "saigna" le pétrole russe, on assiste presque en direct à la prédation de l’or noir africain.

Qui peut croire que les opérations pétrolières au Congo-B et au Cameroun peuvent se faire sans l’aval grassement rémunéré de Denis Sassou-Nguesso et Paul Biya ? Qui peut imaginer que ces créatures de la Françafrique ne rétribuent pas leurs créateurs - dont un Sassou, par exemple, demeure si dépendant ?

Dans ce contexte, comment penser que les Glencore, Société générale et autres Trafigura ne bénéficient pas d’un accès protégé ? Quant au trading angolais, on nous rappelle opportunément qu’il s’est agi d’une affaire d’État, pétrole contre armements, traitée par deux amis du président Dos Santos et du ministre Charles Pasqua.

Dans Le Monde du 16 mars, Stephen Smith - après avoir épinglé au passage « les pourfendeurs de la vingt-cinquième heure du néocolonialisme français, […] de la "Françafrique" » -, nous explique qu’il serait bien naïf de croire que la France peut opérer dans un pays comme l’Angola sans enfreindre la légalité internationale.

Les sujets de l’article sont « Paris » et « la France », non les lobbies. Disparue, la Françafrique ? Non. Son sort est lié à une conviction persistante : l’on ne peut pas traiter les États africains comme des États de droit, avec lesquels passer des contrats équitables].

Extrait de Billets d’Afrique et d’Ailleurs N°91 - Avril 2001 -

Publié avec l’aimable autorisation de l’association Survie.

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