Paradis fiscaux et judiciaires

Le président de l’ANC tente d’obtenir un non-lieu

mardi 5 août 2008

Le président de l’ANC tente d’obtenir un non-lieu

REUTERS | 04.08.2008 | 17:47

Par Serena Chaudhry

JOHANNESBURG (Reuters) - Le président du Congrès national africain (ANC), Jacob Zuma, a comparu lundi devant un tribunal pour tenter d’obtenir un non-lieu dans le cadre d’une enquête pour corruption qui pourrait l’empêcher de briguer la présidence de l’Afrique du Sud l’an prochain.

Un millier de ses partisans se sont rassemblés devant le tribunal de Pietermaritzburg pour dénoncer des accusations répondant selon eux à des mobiles politiques.

Zuma, qui a succédé en décembre à l’actuel chef de l’Etat Thabo Mbeki à la tête du parti du pouvoir, est soupçonné d’avoir reçu plusieurs centaines de milliers de dollars de pots-de-vin.

Poursuivi pour corruption, fraude, blanchiment et escroquerie, il dément toute irrégularité et s’est engagé à démissionner s’il est condamné.

Cette affaire est le principal obstacle à ce que Zuma succède à Mbeki à la tête de l’Etat.

Un long procès pourrait coïncider avec les élections de 2009 que Zuma est pratiquement certain de remporter et risquerait d’accroître l’instabilité politique dans le pays.

Les liens étroits que Zuma entretient avec les syndicats inquiètent certains investisseurs, également préoccupés de la suite des événements.

"Et que va-t-il se passer s’il devient président et est ensuite reconnu coupable ? Quelle sera sa stratégie de sortie ? Je ne sais pas si l’ANC a la réponse", s’interroge Lucy Bethell, analyste à la Royal Bank of Scotland à Londres.

POTS-DE-VIN DE THALES

L’avocat de Zuma, Kemp J. Kemp, a plaidé que la procédure constitutionnelle n’avait pas été respectée.

Zuma est accusé d’avoir perçu sur dix ans 782 pots-de-vin pour un total de plus de quatre millions de rands (565.000 dollars). La plupart de ces paiements sont liés à son ancien conseiller financier Schabir Shaik, qui purge une peine de quinze ans de prison pour corruption.

Il est aussi accusé d’avoir sollicité 500.000 rands de pots-de-vin de la société de défense française Thint (Thalès International), à l’occasion d’un gros contrat d’armement à la fin des années 1990.

Les accusations contre Zuma ont été retirées en 2005 pour des raisons techniques mais Mbeki lui a retiré la vice-présidence.

Le parquet a réitéré ses accusations peu après la victoire, en décembre, de Zuma sur Mbeki lors de l’élection du chef de l’ANC.

L’audience à Pietermaritzburg a été ajournée à mardi à 08h00 GMT et elle devrait durer deux jours.

Les partisans de Zuma accusent des proches de Mbeki d’avoir relancé cette procédure afin de saper les ambitions politiques de leur favori.

Si Zuma est débouté, il pourrait déposer un recours devant la Cour suprême pour tenter de nouveau d’obtenir un non-lieu.

Version française Grégory Blachier et Nicole Dupont

© REUTERS

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence Reuters.

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