Paradis fiscaux et judiciaires

Bertossa, la loi, rien que la loi

vendredi 3 avril 2009

10 janvier 2003 - 16:16

Bertossa, la loi, rien que la loi

Légende photo : Un reportage de Frédérique Chabloz et Myriam Gazut Goudal Image : Patrick Mounoud Son : Philippe Combes Montage : Robert Mabillard (TSR)

Bernard Bertossa, procureur général du canton de Genève, est une star réclamée dans le monde entier pour des conférences suivies religieusement. Son engagement résolu dans la lutte contre la corruption et le blanchissage d’argent sale lui a valu cette notoriété et aussi quelques sérieuses inimitiés dans le milieu des affaires.
Tout au long de ses deux mandats successifs à Genève, Bernard Bertossa a fait de la lutte contre la corruption économique son cheval de bataille. Inlassablement, de 1990 à 2002, le procureur général socialiste a plaidé en faveur d’une justice sans frontières et dénoncé l’inertie et la mauvaise volonté de certains gouvernements à mettre en oeuvre des actions efficaces contre ce qu’il considère comme le pire fléau menaçant nos démocraties. Le désormais célèbre « Appel de Genève » de 1996, ce cri d’alarme lancé avec d’autres magistrats européens avec lesquels Bertossa n’a cessé de tisser des liens étroits, est l’un des jalons importants de cette lutte quotidienne qui lui confère depuis quelques années une stature internationale. A l’étranger, son rôle de pionnier est régulièrement souligné. D’ailleurs, il fut l’un des rares spécialistes européens invités à se joindre aux représentants de quarante pays, avocats, juges, policiers ou banquiers, lors de la conférence sur le blanchiment organisée à Montréal au lendemain des attentats du 11 septembre. Invité plus récemment encore à Gênes, il n’a pas mâché ses mots à propos des nouvelles lois que Berlusconi a fait voter en Italie et qui vont entraver encore l’entraide judiciaire internationale.

En Suisse, son bilan de popularité est plus mitigé. Ses actions, aussi bien à Genève qu’à Berne, suscitent souvent la polémique et nourrissent de multiples craintes quant à l’avenir de la place financière suisse. Ses détracteurs, notamment les avocats Dominique Poncet, Marc Bonnant, Bruno de Preux, ou encore Michel Dérobert de l’Association des banquiers privés genevois, ne manquent pas d’ailleurs de se livrer à quelques envolées acerbes à son égard, le qualifiant au passage de missionnaire ou de donneur de leçon, comparant même ses motivations à celle d’un juge de l’inquisition, toutes proportions gardées. Au sein de la population genevoise, les avis sont également partagés. Sa politique sévère à l’égard des squatters et des surtout des chauffards n’a pas plu à tout le monde !

Si le procureur considère de son devoir de s’exprimer publiquement sur son action, l’homme, quant à lui, reste secret. Toutefois, en lui emboîtant le pas dans plusieurs de ses déplacements, à Montréal, à Gênes, à La Clusaz en Haute Savoie, où il aime se ressourcer, l’équipe de Temps présent parvient à faire transparaître les valeurs qui sous-tendent ses décisions et qui lui permettent « de se regarder dans une glace sans rougir », dit-il.

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