Paradis fiscaux et judiciaires

Ouragan sur les Caïmans

mercredi 24 juin 2009

Reportage

Ouragan sur les Caïmans

LE MONDE | 23.06.09 | 14h45 • Mis à jour le 23.06.09 | 14h45

Extraits de l’article mis en ligne :

Les îles Caïmans abritent la cinquième place financière mondiale. Ce sanctuaire de l’argent baladeur gère la bagatelle de 1 000 milliards de dollars (713,4 milliards d’euros) de dépôts bancaires. George Town, la capitale, abrite le gratin de la finance planétaire : 250 banques étrangères, dont les 40 plus grosses au monde, plusieurs milliers de comptables, d’avocats d’affaires et de fiscalistes ainsi que 700 compagnies d’assurances établies par des multinationales. Quelque 85 000 sociétés écrans, dont 10 000 hedge funds, sont immatriculées dans l’île aux crocodiles découverte par Christophe Colomb en 1503. Un univers secret, fermé, sans Rolls ni limousine. Au lieu de constructions cyclopéennes de verre et d’acier, les professionnels muets comme des carpes travaillent dans des immeubles de deux ou trois étages de style caraïbe.

Mais ce lieu tranquille profitant sans fausse honte d’avantages fiscaux massifs est aujourd’hui dans l’oeil du cyclone. A l’issue du sommet du G20, le 2 avril, ce confetti du Royaume-Uni s’est retrouvé sur la liste grise des centres financiers jugés non coopératifs en matière fiscale. "C’est un diktat destiné à nous pénaliser alors que nous offrons un service légitime. Le Royaume-Uni ne nous a pas défendu comme il l’aurait fallu" : port altier, gestes élégants, Deborah Drummond, secrétaire d’Etat aux finances chargée de l’international, accuse la mère-patrie d’avoir lâché son territoire d’outre-mer.

Après trois cents ans d’allégeance harmonieuse au suzerain anglais, c’est la fronde. A écouter la ministre, si l’île n’a signé que huit accords bilatéraux d’échange d’informations au lieu des douze requis par le G20 pour obtenir le sésame de la bonne conduite, c’est en raison de l’obstruction du Foreign Office. Les Caïmans sont certes maîtres de la levée des impôts et battent monnaie. Mais la puissance tutélaire se charge des affaires étrangères et de la défense, en particulier la signature de traités commerciaux ou financiers. Or, lors du G20, son hôte, le premier ministre Gordon Brown a mené la chasse aux paradis fiscaux. De fait, le gouvernement travailliste aurait fait exprès de ternir la réputation de son territoire dans l’espoir de rapatrier hedge funds, entreprises de capital-risque et autres sociétés basées dans la City mais domiciliées dans ce sanctuaire tropical anglophone. Ambiance...

Lire la suite sur le site du journal Le Monde.


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