Paradis fiscaux et judiciaires

Les juges ne lâcheront pas

mardi 15 mai 2007

Les juges ne lâcheront pas

Commentaire "Les juges ne lâcheront pas", par Paul Loubière (Challenges)

Challenges.fr | 21.03.2007 | 18:37

COUP dur pour Christophe de Margerie. Ce qui devait être une simple audition, révélée hier sur le site de Challenges, s’est transformée en garde à vue.

Le patron de Total est incarcéré sur commission rogatoire du juge Philippe Courroye. Deux autres responsables de Total doivent également être entendus : Robert Castaigne et Philippe Boisseau. Plusieurs dossiers sont sur la table : l’affaire "pétrole contre nourriture" en Irak, le versement supposé de commissions occultes en Iran et un soupçon de corruption au Cameroun.

Christophe de Margerie n’est pour l’instant concerné ni par l’Irak ni par le Cameroun. Reste l’Iran. On soupçonne le groupe pétrolier d’avoir versé de l’argent à de hauts fonctionnaires iraniens pour obtenir des permis d’exploitation, notamment un contrat gazier signé en 1997 par Total avec la société pétrolière nationale iranienne NIOC pour le champ de South Pars.

Près de 60 millions d’euros auraient ainsi transités par la Suisse. L’affaire serait sans doute restée secrète si les Etats-Unis n’avaient pas exigé la levée du secret bancaire pour toutes les entreprises américaines soupçonnées d’actes illicites. La levée du secret s’est étendue ensuite aux entreprises non américaines faisant des affaires sur le sol américain.

C’est ainsi que la justice a découvert la présence de comptes en banque en Suisse et qu’elle s’est demandée à quoi ces comptes pouvaient servir... Or Christophe de Margerie était directeur du Moyen-Orient à l’époque des faits (entre 1996 et 2000). Il se retrouve donc au coeur du maelstrom.

Total soutient pour l’instant sans réserve son directeur général exécutif. "Le groupe assure ses collaborateurs de sa complète solidarité et confirme que les accords ont été signés dans le respect de la loi. En dépit des atteintes manifestes au secret de l’instruction, le groupe souhaite que l’enquête puisse être conduite dans la sérénité. Il est confiant dans le fait que la justice établira l’absence d’infraction", dit un communiqué du groupe.

Mais l’affaire commence à sentir le roussi : la justice ne va pas lâcher l’instruction et il n’est pas exclu qu’elle débouche sur un procès avec condamnation pénale d’une personne physique.

Par Paul Loubière, grand reporter à Challenges, mercredi 21 mars.

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Publié avec l’aimable autorisation du magazine Challenges.

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