Paradis fiscaux et judiciaires

L’île de Man, le paradis de l’argent

samedi 15 août 2009

L’île de Man, le paradis de l’argent

Par Benjamin Masse-Stamberger, publié le 14/08/2009 10:42 - mis à jour le 14/08/2009 15:43

Extraits de l’article mis en ligne sur le site du magazine l’Express :

Coincé entre l’Irlande et la Grande-Bretagne, ce micro-"Etat" converti à la finance offshore il y a vingt-cinq ans fait figure de bon élève sur la liste des paradis fiscaux. Mais, aujourd’hui, ses pratiques suscitent bien des interrogations. Reportage.

40% du PIB local est représenté par les services financiers

Malgré l’effondrement du système financier international, ce confetti de 80 000 âmes prévoit une croissance de près de 2 % pour 2009. Vingt-cinq ans après sa conversion à la finance offshore, il affiche un très faible taux de chômage, un produit intérieur brut par habitant plus élevé que celui du Royaume-Uni et des prix de l’immobilier de 20 à 40 % supérieurs.

Dans le centre-ville de Douglas, mélange d’imposantes bâtisses de style victorien et de petites maisons en briques rouges, ni les pressions internationales ni l’été n’ont interrompu le va-et-vient des hommes en noir, moins bling-bling cependant que leurs collègues de la City.

Ici bat le coeur de Man : outre le siège du gouvernement, banques internationales (HSBC, Barclays, BNP Paribas pour la France...), compagnies d’assurances et cabinets d’avocats spécialisés se concentrent dans un périmètre guère plus grand qu’un terrain de cricket. "Les services financiers représentent 40 % du PIB local, témoigne John Spellman, directeur d’Isle of Man Finance, l’organisme gouvernemental chargé de faire la promotion de la place de Douglas. Mais, si l’on prend en compte toutes les activités qui en dépendent, on dépasse largement les 50 %."

Quelque 30 000 sociétés pour 80 000 habitants

La spécialité locale, c’est le trust, un système anglais créé au Moyen Age afin de gérer le patrimoine des croisés. Une structure qui permet de confier ses biens, à perpétuité, à un gestionnaire, le trustee, qui en assure la garde au profit d’un tiers, le bénéficiaire. Le trust a surtout pour avantage, dans ces juridictions anglo-saxonnes qui ignorent le secret bancaire, de garantir la confidentialité.

Les 109 trust companies de l’île sont ainsi largement utilisées à des fins d’"optimisation fiscale", selon l’euphémisme en vigueur ici. Outre de grandes fortunes, nombre d’entreprises internationales y ont recours : compagnies pétrolières, sociétés minières sud-africaines, groupes exportateurs chinois ou encore studios de Bollywood. Au total, pas moins de 30 000 sociétés sont enregistrées sur l’île. Près de 1 pour 2 habitants...

La direction des impôts de Man, située dans le centre de la capitale, ne paie pourtant pas de mine. A côté de la salle d’attente aux murs défraîchis, des fonctionnaires blasés reçoivent les contribuables à l’abri d’épaisses vitres en Plexiglas. Chemise claire et lunettes carrées, le directeur local du Trésor, Malcolm Couch, courtois et affable, tient à montrer qu’il n’a rien à cacher. "Nous ne sommes pas un paradis fiscal, affirme-t-il d’emblée, de son bureau niché derrière une forêt de couloirs et de portes blindées. Grâce aux efforts entamés il y a une dizaine d’années, nous sommes parmi les pays les plus transparents en matière de fiscalité."

Lire la suite sur le site du magazine l’Express.


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