Paradis fiscaux et judiciaires

Le juge Garzon réclame 77 millions de dollars à la veuve Pinochet

mardi 1er décembre 2009

Le juge Garzon réclame 77 millions de dollars à la veuve Pinochet

Le juge espagnol Baltasar Garzon a décidé poursuivre pour blanchiment d’argent la veuve d’Augusto Pinochet avec trois autres responsables, et de leur demander une caution globale de 77 millions de dollars (51 millions d’euros), a confirmé lundi la justice espagnole.

AFP - le 30 novembre 2009, 15h07

Selon une décision écrite du magistrat datée du 26 octobre, dont l’AFP a eu copie lundi, Garzon avait donné dix jours à Lucia Hiriart, veuve du dictateur chilien mort en décembre 2006, et aux trois autres responsables poursuivis dans ce dossier, pour fournir cette "caution solidaire".

En cas de non-paiement, il sera procédé à "l’embargo et au gel" des comptes dans les banques concernées par le dossier, pour un montant total de plus de 100 millions de dollars, selon le procès verbal du juge Garzon dévoilé lundi par le quotidien El Pais.

On ignorait lundi si la veuve Pinochet avait donné suite à cette exigence.
"Avec cet argent, le juge tente de dédommager les victimes espagnoles de la dictature de Pinochet", a expliqué El Pais.

Cette décision répond à une plainte de l’association espagnole Fondation Espagnole President Allende, mais fait aussi suite aux poursuites engagées en 1998 par la justice espagnole contre l’ex-dictateur.

En 1998, le juge Garzon avait été le premier à confronter Augusto Pinochet à la justice en obtenant son arrestation à Londres pour crimes de génocide, terrorisme et tortures. Il s’était efforcé vainement d’obtenir son extradition vers l’Espagne.

Les trois autres personnes poursuivies dans ce dossier sont l’avocat et exécuteur testamentaire de Pinochet, Oscar Custodio Aitken Lavanchy, et deux ex-responsables de la banque commerciale Banco de Chile, l’ancien président du conseil d’administration Pablo Granifo Lavin et l’ancien gérant de la filiale à New York, Hernan Donoso Lira.

Banco de Chile et deux de ses filiales sont décrites comme "responsables civiles secondaires" pour ce "blanchiment supposé" de 77,348 millions de dollars.

La décision de Garzon découle de la présentation d’un rapport par l’association plaignante qui établit les sommes blanchies et identifie les "responsables directs présumés", en se basant sur un rapport antérieur de la "Brigade d’investigation du blanchiment d’actifs" de la police chilienne.

Le magistrat a parallèlement décidé de lancer une commission rogatoire au Chili pour interroger la veuve de Pinochet et les trois autres responsables et prévoit de se déplacer lui-même dans ce pays pour assister aux comparutions.

Le gouvernement chilien, par l’intermédiare du Conseil de la défense de l’Etat, a déjà engagé en avril 2009 des démarches similiaires à celle du juge Garzon, auprès des succursales de quatre banques à Miami pour avoir occulté une partie de la fortune de l’ex-dictateur, selon El Pais.

© AFP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence France Presse.

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