Paradis fiscaux et judiciaires

Secret bancaire : la victoire des trusts

jeudi 11 février 2010

Secret bancaire : la victoire des trusts

Extraits de l’article mis en ligne sur le site du journal Le Temps :

Deux nouveaux ouvrages analysent comment la place financière suisse a perdu la bataille de l’évasion fiscale. Le modèle des cabinets de conseil anglo-saxons sort gagnant. Il concurrence l’industrie helvétique de la gestion offshore.

Alors, fini les paradis fiscaux ? Que restera-t-il de 2009 dans les livres d’histoire à ce chapitre ? Et les banquiers suisses ? Que raconteront-ils à leurs petits-enfants qui leur demanderont un jour ce qu’était le secret bancaire ?

En attendant les historiens, ce sont deux livres de journalistes qui tentent de répondre à quelques-unes de ces questions. Myret Zaki1, ancienne journaliste du Temps aujourd’hui rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan, et l’enquêteur au quotidien français La Tribune, Xavier Harel2, remettent en perspective la « guerre » contre l’évasion fiscale, ses zones sombres, ses non-dits et, peut-être, ses motifs inavoués.

Là où Xavier Harel brosse un portrait précis et accusateur des intermédiaires financiers gardiens de l’opacité fiscale, on pourrait imaginer que l’ouvrage de Myret Zaki mette un peu de baume au cœur des banquiers suisses. A lire son entrée en matière, on comprend à quel point l’argument moral invoqué par les gouvernements européens dans leurs assauts contre la Suisse­ est très, très mal passé. [...]

Les banquiers suisses ont perdu une bataille concurrentielle, sur un marché presque comme un autre où le succès se mesure en parts de marché : 13700 milliards de dollars de fonds non déclarés à l’échelle de la planète, dont 2200 milliards pour la Suisse, selon les estimations. Comptent aussi l’habileté technique et marketing. « Sur le plan psychologique, écrit Myret Zaki, le « Swiss banking secrecy » […] attire la suspicion. A l’inverse, le « trust » […] suggère la légitimité. »

Le trust, cet outil chic et cher réservé à une élite – comptez 25.000 dollars pour sa création – est la source de tous les fantasmes. Et vu de Suisse, de toutes les jalousies. A côté de cet objet high-tech, le bon vieux compte à numéro ou l’off­shore panaméen dont les banques suisses ont tant usé ces dernières années passent désormais pour des guimbardes démodées. Conçus pour résister aux ingérences grandissantes des gouvernements et de leurs fiscs, les trusts sont une des armes de choix des prestigieux cabinets de conseil juridique anglo-saxons, explique Myret Zaki. Leur « puissance est symbolisée par le célèbre roman de John Grisham, The Firm, et attire l’élite des facultés de droit. Le rôle de ces firmes est plus important que celui des banques privées, contrairement à la tradition européenne où ce sont les maisons de gestion de fortune qui ont assuré, jusqu’ici, les services patrimoniaux. »

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