Paradis fiscaux et judiciaires

Transferts suspects : deux anciens présidents du PSG devant les juges

lundi 15 mars 2010

Transferts suspects : deux anciens présidents du PSG devant les juges

AP | 14.03.2010 | 14:00

Laurent Perpère et Francis Graille, deux anciens présidents du club de football du Paris Saint-Germain, ainsi que des agents de joueurs, le PSG et Nike France vont se retrouver lundi sur le banc des prévenus devant le tribunal correctionnel de Paris, accusés de "faux", "usage de faux" et "travail dissimulé" dans le cadre de transferts suspects entre 1998 et 2003.

Ils devront également répondre pendant quatre semaines aux soupçons d’un présumé système de complément de salaires versés aux joueurs, afin de satisfaire leurs exigences financières, via des conventions fictives avec les agents, permettant ainsi de limiter les charges sociales.

Une dizaine d’agents de joueurs est également renvoyée en correctionnelle dans ce dossier ainsi que les personnes morales PSG et Nike France. L’équipementier est soupçonné d’avoir "accepté de supporter une partie des prétentions salariales des joueurs recrutés sous forme de contrats d’image, pour permettre d’alléger les charges du club", selon l’ordonnance de renvoi signé par les deux juges d’instruction Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset.

Me Olivier Metzner, avocat de Nike France et "pas spécialiste de football", ne voit pas de problème. "A l’époque, il y avait des contrats directs entre les joueurs et Nike au niveau des chaussures", explique-t-il à l’Associated Press, car le contrat avec le PSG ne prévoyait que l’équipement. "On a même vu un joueur africain qui portait des chaussures Adidas avec lesquelles il avait marqué un but mais qui avait un contrat avec Nike. Il avait donc peint ses chaussures en Nike", rit Me Metzner sans se rappeler du nom du joueur.

"Ces contrats étaient en réalité fictifs, conclus à la demande du PSG pour permettre aux joueurs de bénéficier d’une rénumération complémentaire", relèvent les juges. Il y aurait eu 25 contrats concernés, notamment pour Ronaldinho, Nicolas Anelka, Gabriel Heinze, Jay Jay Okocha, Laurent Robert, Modeste M’Bami, Mauricio Pochettino, Frédéric Déhu, Juan Pablo Sorin ou encore Pedro Miguel Pauleta.

Selon M. Perpère, il y avait "un intérêt commun entre Nike et le PSG". "Pour Nike, c’est important d’avoir le PSG et ses joueurs face à la concurrence d’Adidas qui parraine Marseille et pour le PSG il est important d’avoir Nike qui est un challenger en football et qui va payer beaucoup", a-t-il dit aux juges. "Il s’agissait pour le PSG face à la concurrence des clubs européens de pouvoir garder son rang en faisant appel à des joueurs internationaux", a affirmé Pierre Frelot, ancien responsable financier du club de la capitale, également jugé à partir de lundi.

Les agents de joueurs sont renvoyés pour les transferts "surrévalués" d’une quinzaine de joueurs, dont Anelka, Pauleta ou encore Heinze. "Les multiples investigations sur les flux financiers -conséquents- ont révélé que bien souvent l’argent circulait dans les paradis fiscaux au nom de sociétés off-shore en toute opacité", est-il écrit dans l’ordonnance de renvoi.

L’un des agents mis en cause, Ranko Stojic, a ainsi expliqué que "pour des raisons essentiellement fiscales, la commission de l’agent était souvent, notamment pour des joueurs venant de l’étranger, surévaluée, l’agent devant rétrocéder une partie de sa commission au joueur lui-même sur un numéro de compte à l’étranger".

Pour le recrutement de Nicolas Anelka en juillet 2000 -le plus gros transfert de l’histoire du club parisien- l’indemnité s’élevait à 244 millions de FF (37,2 millions d’euros). M. Frelot a déclaré que cette indemnité avait été surrévaluée d’environ 25 millions de FF (3,8 millions d’euros) afin d’y inclure la commission des frères et agents d’Anelka et une partie des futures rénumérations du joueur.

Aucun des joueurs n’a été renvoyé devant la justice, leur "responsabilité pénale ne pouvant être engagée", est-il écrit dans l’ordonnance. Quant au renvoi du PSG comme personne morale, "c’est un dossier que l’on suit mais il n’y a rien d’inquiétant à notre niveau", s’était borné à dire le service de communication du Paris-Saint-Germain lors du renvoi.

© AP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Associated Press.

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