Paradis fiscaux et judiciaires

La police va enquêter sur le patrimoine off-shore de Guy Wildenstein

jeudi 11 novembre 2010

La police va enquêter sur le patrimoine off-shore de Guy Wildenstein

De Mathieu FOULKES (AFP) – 29 oct. 2010

PARIS — La police financière a été chargée d’enquêter sur des faits présumés de corruption visant Guy Wildenstein, fils du richissime collectionneur Daniel Wildenstein et proche de l’UMP, souçonné d’avoir soustrait au fisc une partie de sa fortune placée dans des paradis fiscaux.

Le parquet de Paris a ouvert en début de semaine une enquête préliminaire, confiée à la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), après une plainte contre X pour corruption active et passive et trafic d’influence, déposée par la veuve du milliardaire, Sylvia Roth, selon plusieurs sources proches de l’enquête.

Après des années de bras de fer en justice, en toute discrétion, la discorde entre la veuve du milliardaire Wildenstein (mort en 2001) et le fils d’un premier mariage - Guy Wildenstein - a éclaté au grand jour cet été, profitant du retentissement médiatique de l’affaire Bettencourt.

Il est vrai que ces deux conflits familiaux présentent des similitudes. La fortune du collectionneur est ainsi estimée à environ quatre milliards d’euros, composée notamment de milliers de toiles de maîtres, d’un ranch au Kenya où a été tourné "Out of Africa", ainsi que d’un îlot aux Iles Vierges.

Sylvia Roth, 77 ans, accuse Guy Wildenstein et son frère Alec, décédé en 2008, de lui avoir dissimulé une partie de cette immense fortune en conservant hors de la succession une partie du patrimoine, place dans des fonds ("trusts") hébergés dans des paradis fiscaux.

Dans ces fonds (Davidtrust, Deltatrust, Sonstrust), basés aux îles Caïman et à Guernesey notamment, seraient entreposés une large part de la collection de Daniel Wildenstein, aux contours mal connus, qui comporterait des oeuvres de Rembrandt, Picasso, Courbet ou encore Watteau et Fragonard.

La cour d’appel de Paris avait elle-même évoqué dans un arrêt de 2008 "l’évasion du patrimoine [de M. Wildenstein] dans des sociétés étrangères et des trusts".

La veuve du milliardaire a remporté une victoire cet été en obtenant l’ouverture d’une information judiciaire pour "abus de confiance", confiée au juge Guillaume Daïeff. L’enquête a été récemment élargie à des faits présumés de blanchiment d ?argent et recel et organisation frauduleuse d’insolvabilité.

Le volet de l’affaire confié à la police pourrait être embarrassant pour la majorité puisque l’avocate de Mme Roth a adressé entre juin 2009 et juillet 2010 plusieurs courriers aux deux ministres du Budget successifs - Eric Woerth et François Baroin - pour les alerter sur cette évasion fiscale présumée, sans qu’ils ne réagissent, selon elle.

Interrogé le 6 juillet par l’opposition lors de la séance des questions à l’Assemblée sur cette affaire, M. Baroin l’avait "conjurée" de ne pas faire "le jeu de l’extrême droite". Son intervention avait mis le feu à l’hémicycle.

"Guy Wildenstein est un membre du Premier cercle (le groupe des plus riches donateurs de l’UMP, animé jusqu’en juillet par M. Woerth), il a des appuis", relève-t-elle, précisant qu’il a avait prêté main-forte à M. Woerth pour collecter des fonds lors de la campagne présidentielle de 2007.

M. Wildenstein, qui dirige une grande galerie à New York, a par ailleurs été décoré en 2009 de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy, comme l’a révélé en septembre Le Canard enchaîné.

Il a été réélu dimanche comme représentant (UMP) de la circonscription de Washington au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE).

Copyright © 2010 AFP


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