Paradis fiscaux et judiciaires

Vatican S.A. : les archives secrètes du Vatican

samedi 2 avril 2011

Vatican S.A. : les archives secrètes du Vatican de Gianluigi Nuzzi

Après la faillite de la banque Ambrosiano, le Vatican pensait bien en avoir fini avec les scandales financiers. C’était un voeu pieux. Monseigneur Dardozzi (1922-2003), homme clef des finances du Vatican et membre important de l’IOR, la « banque du Vatican », a constitué des archives secrètes, d’environ quatre mille documents, et les a confiées à sa mort, à Gianluigi Nuzzi, auteur de ce livre. Ces lettres, rapports, bilans, procès-verbaux, virements dévoilent une face cachée des finances du Vatican. Ces archives prouvent l’existence d’un nouveau scandale dont la cheville ouvrière est Monseigneur de Bonis, secrétaire particulier de Monseigneur Marcinkus, au temps de l’affaire Ambrosiano, qui avait échappé, lui, à la justice italienne, grâce aux accords du Latran interdisant à l’Etat italien de poursuivre judiciairement toute personne travaillant dans les structures centrales de l’Etat du Vatican. Monseigneur de Bonis a créé un réseau parallèle à l’IOR de comptes affectés à des fondations ou à des associations de bienfaisance fictives les protégeant ainsi de toute curiosité mal placée. Ces comptes chiffrés sont ouverts à des banquiers, des entrepreneurs, des promoteurs immobiliers, des mafieux et des hommes politiques de premier plan comme Giulio Andreotti, sous des noms cryptés. Ils recueillent des centaines de millions d’euros appartenant à ces personnes, souhaitant cacher leurs avoirs, et de l’argent « sale » comme le méga pot-de-vin de l’affaire Enimont révélé par l’opération Mains Propres, mais aussi de l’argent « propre » donné par les fidèles (le denier du culte) ! Tout cet argent est ensuite transféré anonymement par un système très sophistiqué sur des comptes personnels, en utilisant des montages financiers complexes, via, par exemple, des bons du Trésor dont les numéros sont identifiés et dont on retrouve les traces. sur les comptes fictifs créés par Mgr de Bonis dans l’IOR parallèle, échappant ainsi à la comptabilité officielle de l’IOR. Il existe donc un IOR parallèle, véritable système offshore protégé de la justice italienne par les accords du Latran. C’est une banque dans la banque, utilisée également par la mafia pour ses « affaires » industrielles, financières et politiques, dans la discrétion et l’anonymat le plus complet. Un paradis fiscal sous le contrôle exclusif de l’Etat du Vatican. Le tout au nom de Dieu. Il va sans dire que Mgr de Bonis profite de ce système pour se constituer une fortune considérable à titre personnel.

A partir de tout ceci, Nuzzi mène alors une autre enquête basée sur de nouveaux témoignages mêlant politique et finances. Car certains de ces comptes affectés à des hommes politiques et à des mafieux, comme Toto Riina et Bernardo Provenzano, sont destinés à financer la création d’un parti politique de centre qui pourrait servir de point d’appui à l’Eglise après la chute attendue de la démocratie chrétienne.

Récit d’un nouveau scandale dans les murs du Vatican.


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