Paradis fiscaux et judiciaires

L’enquête qui trouble Sarkozy touche Genève

mercredi 28 septembre 2011

L’enquête qui trouble Sarkozy touche Genève

Affaire Karachi | Un procureur se penche sur les mallettes bourrées de cash qui auraient fait le voyage Genève-Paris.

Catherine Focas et Alain Jourdan | 28.09.2011 | 00:01

L’enquête qui touche en ce moment les proches du président français, Nicolas Sarkozy, passe par Genève. C’est ce qu’a appris, hier, la Tribune de Genève. Information confirmée par le magistrat chargé des investigations, le procureur Jean-Bernard Schmid : « La France a requis l’entraide judiciaire de la Suisse. J’ai accepté les différentes demandes qui m’ont été faites par le juge Renaud Van Ruymbeke. »

Les premières demandes d’entraide judiciaire datent de la fin de l’année dernière. « Certaines investigations ont déjà été exécutées, d’autres sont encore en cours », poursuit le procureur. Il précise que l’enquête genevoise pour corruption, abus de biens sociaux et blanchiment se penche exclusivement sur l’aspect financier du scandale qui éclabousse actuellement la France, et non pas sur l’aspect terrorisme lié à l’attentat de Karachi, qui a fait, en mai 2002, 15 morts, dont 11 ingénieurs français.

A Genève, la logistique

C’est donc sur les éventuelles rétrocommissions, les possibles mallettes bourrées de billets de banque qui passaient de Genève à Paris pour financer peut-être la campagne d’Edouard Balladur en 1995, que se penche le procureur genevois. A l’époque, Nicolas Sarkozy était le ministre du Budget d’Edouard Balladur. Et deux de ses proches viennent d’être mis en examen par le juge Van Ruymbeke : Nicolas Bazire et Thierry Gaubert. « Une partie de la logistique dans cette affaire est passée par Genève », indique le procureur Schmid.

Interrogé par la justice française, Thierry Gaubert, comme le rapporte l’AFP, parle de ses comptes personnels à la banque Pictet et à la Banque Safdié à Genève. Mais il affirme n’avoir jamais sorti de ses comptes de grosses sommes pour les faire passer en France. Il dément également avoir remis des liasses de billets à des intermédiaires. Le procureur Schmid ne donne aucun détail sur le fond de l’enquête, compte tenu du fait qu’il s’agit d’un dossier « sensible sur lequel travaillent plusieurs magistrats ». Il affirme cependant que personne (ni société ni individu) n’a été incriminé à ce jour à Genève : « L’enquête se poursuit. Vu l’actualité, nous sommes obligés de travailler assez vite. »

L’attentat de Karachi est au cœur de la controverse. Il aurait pu être exécuté en représailles par de hauts responsables pakistanais qui n’auraient pas reçu les récompenses promises pour avoir aidé la France à vendre des sous-marins pour un montant de 850 millions d’euros à leur pays. Une partie de cet argent serait revenue en France. Pour financer la campagne d’Edouard Balladur ? En 1994, en tant que premier ministre, il a autorisé la vente de ces sous-marins. Les enquêteurs se demandent donc s’il a reçu des rétrocommissions pour financer sa campagne de 1995. C’est sur cet éventuel argent sale que se penche le juge Van Ruymbeke.

Quand Hélène balance

Un magistrat bien aidé ces derniers jours par les révélations des ex qui « balancent ». Celle de l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine et celle de Thierry Gaubert. Cette dernière, Hélène de Yougoslavie, a expliqué par le menu comment son mari se rendait en Suisse avec Ziad Takieddine et revenait avec des mallettes bourrées de billets de banque entre 1994 et 1995. Des mallettes, affirme-t-elle, récupérées par Nicolas Bazire, un proche lui aussi de Nicolas Sarkozy.

Ziad Takieddine, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire viennent d’être mis en examen.

© Edipresse Publications SA


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