Paradis fiscaux et judiciaires

Pourquoi l’Erika a coulé - Les paradis de complaisance

jeudi 17 mai 2007

Pourquoi l’Erika a coulé - Les paradis de complaisance

De François Lille

Aux éditions l’Esprit Frappeur.

Erika : au-delà de ses aspects techniques et de ses conséquences désastreuses, ce naufrage a surtout révélé l’état de dégradation générale de la navigation maritime internationale : ce qui est en cause, c’est une organisation planétaire parfaitement opaque reposant sur les pratiques douteuses des multinationales et la complicité des États, les pavillons de complaisance et les “paradis fiscaux”.

Ce système est ici décortiqué, à partir de l’exemple de l’Erika, pour amener les citoyens à prendre conscience de la gravité de cette dérive mondiale et de la nécessité d’y mettre fin.

Erika. Un navire qui coule, les côtes et les fonds empoisonnés de Bretagne et de Vendée, le manque à gagner des professionnels de la mer, du tourisme, les bénévoles qui ont ramassé sans connaître les risques, les oiseaux de haute mer, par centaine de milliers, qui ne pouvaient savoir qu’une belle étendue d’eau plus calme, dans la tempête, n’était pas un lieu providentiel de repos et de pêche, mais un piège ignoble...

Les données techniques ou maritimes du naufrage de l’Erika sont connues. Elle ont montré que cette catastrophe écologique ne ressemble pas à un de ces cas limites montrant (comme pour l’Amoco Cadis) une accumulation de fautes directes, ou mettant en cause un navire franchement dangereux mais une situation très banale dans la marine marchande actuelle, prétrolière et autre. Cette banalité est inquiétante, parce qu’elle révèle l’état de dégradation générale des pratiques courantes de la navigation maritime internationale.
Ce sont les causes profondes de sinistres du genre de l’Erika – pratiques douteuses des multinationales du pétrole, utilisation systématique des pavillons de complaisance, monde surréaliste où toute piste finit par rejoindre l’archipel étrange des “paradis fiscaux” – qui sont ici mise en lumière. Parce qu’au delà des réparations que nous sommes en droit d’exiger de Total, l’affréteur du navire, la fin dramatique du voyage de l’Erika n’est qu’un épisode d’une histoire qui risque de nous donner bien d’autres occasions de dire “plus jamais ça”, si l’on ne se décide pas enfin à s’attaquer au fond du problème.

De Birmanie en Afrique, nos groupes pétroliers savent ce qu’ils font, ils ne peuvent ignorer ce qu’il en coûte aux populations locales et le font quand même.

Pour l’Erika, si TotalFina avait su… Mais cela n’excuse rien, c’est simplement la parabole classique de l’arroseur arrosé… et dans tous ces cas n’oublions pas que les décideurs sont les mêmes.

Nous devons absolument saisir l’occasion, par-delà le malheur qui frappe les côtes bretonnes et vendéennes, d’analyser en partant de cet exemple concret le système qui fait qu’un tel drame a été possible et peut se renouveler.

François Lille


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