Paradis fiscaux et judiciaires

Paradis fiscaux : « Un monde parallèle hyper-complexe »

mercredi 18 juillet 2012

Paradis fiscaux : « Un monde parallèle hyper-complexe »

18 juillet 2012 à 17:27

Interview Président de la commission d’enquête sénatoriale sur l’évasion fiscale, Alain Bocquet se dit « frappé » par ses observations, et présente ses premières préconisations.
Recueilli par Dominique ALBERTINI

Après plusieurs mois de travail, la commission d’enquête sénatoriale sur les paradis fiscaux se prépare à rendre ses conclusions. Son président, le communiste Alain Bocquet, se dit « frappé » par la complexité des mécanismes d’évasion fiscale, qui coûteraient plus de 40 milliards d’euros par an au budget de l’Etat. Il préconise notamment la publication d’une comptabilité pays par pays pour les multinationales, et la création d’un « Haut commissariat à la protection des intérêts financiers publics ».

Quels sont les principaux enseignements de l’enquête de la commission ?

J’ai été frappé par l’extrême sophistication des procédés utilisés, que j’étais loin de mesurer. J’avais en tête l’image de valises de billets passées sur le lac Léman [à la frontière franco-suisse, ndlr] - un système un peu désuet, mais toujours en vigueur. Mais la mondialisation et les nouvelles technologies ouvrent de nouvelles possibilités pour l’évasion fiscale. Sur un site internet britannique, on peut créer une société en deux heures pour 125 livres [159 euros].

Grosso modo, l’évasion fiscale consiste, pour les entreprises, à localiser les pertes dans les pays à forte fiscalité, où elles sont déductibles des impôts, et les bénéfices dans les paradis fiscaux, où les impôts sont faibles, voire inexistants.

Quel est le rapport entre pouvoir politique et financier dans les paradis fiscaux ?

Ils sont proches, voire confondus ! La City de Londres dispose d’une sorte de petit gouvernement local, qui a ses entrées à Bruxelles au même titre qu’un Etat, pour faire du lobbying. Autre exemple : à Jersey [île anglo-normande et paradis fiscal, ndlr], nous avons rencontré le consul honoraire de France. Il travaille dans la finance, un secteur qui emploie 25% du salariat de Jersey et produit 60% de son PIB. Mais il ne nous a pas dit d’emblée qu’il est le représentant de BNP dans ces îles ! Lire la suite sur le site du journal Libération.


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