Paradis fiscaux et judiciaires

Karachi : le juge Van Ruymbeke en Suisse pour entendre un acteur clé

lundi 5 novembre 2012

Karachi : le juge Van Ruymbeke en Suisse pour entendre un acteur clé

5 novembre 2012 à 19:50

Le juge Van Ruymbeke, chargé du volet financier de l’affaire Karachi se rend à Genève cette semaine pour y entendre pour la première fois, un intermédiaire dans des contrats d’armements qui auraient pu servir à financer la campagne d’Edouard Balladur en 1995.

Homme d’affaire libano-espagnol vivant en Suisse, Abdulrahmane El Assir est soupçonné d’avoir été imposé, de même que son ex-associé franco-libanais Ziad Takieddine, à la dernière minute lors de la signature en 1994 de contrats d’armement Agosta et Sawari II avec le Pakistan et l’Arabie saoudite.

Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire soupçonnent que des rétrocommissions en marge de ces contrats ont servi à financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995.

Mis en examen pour "complicité d’abus de biens sociaux, blanchiment aggravé et recel d’abus de biens sociaux aggravés", M. El Assir est également sous le coup d’un mandat d’arrêt demandé par la France, actuellement suspendu.

Interrogé le 30 mai par le procureur de Genève, il a revendiqué un rôle actif dans la signature des contrats, affirmant que "les commissions ont eu une véritable contrepartie".

Il a en outre indiqué avoir versé de l’argent des commissions, légales à l’époque, via le compte bancaire suisse d’un ami, à M. Takieddine, également mis en examen dans le dossier. M. El Assir le décrivait comme son partenaire "pour les contrats Agosta et Sawari", selon le PV d’audition consulté par l’AFP.

"Concrètement, les espèces étaient remises par la banque à Mustapha Al Jundi, un ami" qui "remettait les espèces qu’il recevait de la banque" à Ziad Takieddine. Selon lui, M. Takieddine "souhaitait cette confidentialité car il craignait les douanes françaises et la surveillance des banques suisses par les inspecteurs français".

73 millions de francs

Devant le procureur de Genève, M. El Assir avait expliqué connaître "les accusations portées contre Ziad Takkieddine de financement de la campagne électorale d’Edouard Balladur par le biais d’une partie des commissions qu’il recevait pour ces affaires". "J’ignore ce qu’il en est en réalité", avait-il dit.

L’homme d’affaires avait confirmé par ailleurs l’arrêt des commissions décidé en 1996 par Jacques Chirac. "Rafik Hariri, alors premier ministre du Liban est intervenu via sa banque pour nous verser les commissions qui nous restaient dues et qui ont été payées par l’autorité saoudienne", avait-il soutenu.

"Concrètement, c’est Ziad Takieddine qui a encaissé le solde de commissions sur un compte" au Liban "et puis m’a transféré ma part", avait-il précisé.

Mi-septembre, Ziad Takkieddine avait reconnu avoir joué un rôle de "facilitateur" dans les deux contrats. "Avec le Pakistan, j’ai joué un rôle pour introduire El Assir auprès des autorités françaises, avait-il déclaré. En revanche, il avait récusé tout financement politique avec de l’argent liquide ramené de Suisse.

"J’ai reçu de l’argent de l’Arabie saoudite. M. El Assir me verse ce qu’il veut, cela ne provient pas de France", a-t-il dit.

L’enquête a démontré que près de 73 millions de francs (MF) ont été retirés en espèce à Genève entre juin 1994 et fin 1996. Le 28 juillet 1994, 1 MF a notamment été retiré du compte de M. El Assir. Or le même jour Ziad Takieddine était intercepté par les douanes en possession de 500.000 francs en espèce.

Le nom de M. El Assir a été cité à de nombreuses reprises dans le dossier, notamment dans un des rapports Nautilus, qui évoquait l’existence d’une note de la DGSE de 1996 sur "les relations financières développées entre El Assir et Edouard Balladur".

Lundi, l’avocat suisse de M. El Assir, Me Pascal Maurer, n’a pu être joint par l’AFP.

AFP


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