Paradis fiscaux et judiciaires

Les dictateurs des pays du Sud ont détourné de 100 à 180 mds de dollars, selon une ONG

dimanche 20 mai 2007

Les dictateurs des pays du Sud ont détourné de 100 à 180 mds de dollars, selon une ONG

PARIS (AFP)

Les dictateurs des pays du Sud ont détourné et placé à l’étranger au cours des dernières décennies, avec la complicité des grands pays occidentaux, des fortunes estimées entre 100 à 180 milliards de dollars, accuse le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).

Dans un rapport publié mercredi et intitulé "Biens mal acquis... profitent trop souvent", le CCFD assure que "les avoirs détournés et les biens mal acquis par les dictateurs des pays du Sud au cours des dernières décennies" représentent "au bas mot entre 100 et 180 milliards de dollars".

L’ONG reconnaît en préambule qu’il "y a très peu de sources officielles sur le sujet (...) Nous avons donc utilisé, dans la mesure du possible, plusieurs sources afin d’opérer des recoupements et nous aboutissons donc, le plus souvent, à établir un faisceau de présomptions à l’appui de telle ou telle information, sans pouvoir pour autant garantir la parfaite exactitude de toutes les informations fournies".

Collectant des estimations provenant d’universitaires, d’organismes internationaux ou d’autres ONG comme par exemple Transparency International, qui publie chaque année un rapport sur la corruption dans le monde, le CCFD accuse les paradis fiscaux et judiciaires situés en Occident de constituer "un obstacle majeur au recouvrement des avoirs d’origine illicite".

"Le pillage des richesses des pays du Sud s’est opéré avec la complicité ou à l’initiative des gouvernements et des entreprises du Nord", accuse l’ONG qui assure que "soucieux de leurs intérêts géopolitiques et économiques, les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la France ont soutenu l’arrivée au pouvoir des régimes les plus despotiques et corrompus".

"Les discours vertueux des bailleurs de fonds" internationaux "masquent mal la faiblesse des fonds restitués (4 milliards de dollars) ou gelés (2,7 milliards de dollars)", accuse encore le CCFD.

"Les rares fonds restitués l’ont été récemment par la Suisse, notamment ceux de Marcos (Philippines) et d’Abacha (Nigeria) et par les Etats-Unis concernant Saddam Hussein", poursuit le rapport.

Le document passe en revue, continent par continent, les pays les plus concernés par ces détournements : la palme revient à Saddam Hussein qui, selon des chiffres de l’administration américaine, aurait détourné de 10 à 40 milliards de dollars.

Pour l’Afrique, les estimations des sommes détournées par Omar Bongo représenteraient des "centaines de millions de dollars" (le rapport cite un rapport du Sénat américain datant de 2000).

Pour le Nigéria, l’ancien général Sani Abacha (1993-1998) aurait placé en Occident, selon Transparency International et l’agence des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) de 2 à 6 milliards de dollars.

En Iran, les sommes volées par l’ex-chah Mohammad Reza Pahlavi entre 1941 et 1979 atteindraient, selon des chiffres de l’UNODC cités par le rapport, 35 milliards de dollars.

Aux Philippines, l’ancien dictateur Marcos aurait, selon Transparency International, détourné de cinq à dix milliards de dollars.

La publication de ce rapport intervient alors que trois associations françaises ont déposé une plainte contre X visant des chefs d’Etat africains accusés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l’argent public détourné.

© AFP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence France Presse.

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