Paradis fiscaux et judiciaires

Algérie : un ex-ministre au cœur du scandale

mercredi 14 août 2013

Algérie : un ex-ministre au cœur du scandale

Par Charles Carrasco

Publié le 13 août 2013 à 18h37 Mis à jour le 14 août 2013 à 06h48

Un mandat d’arrêt international a été délivré contre l’ancien ministre de l’Energie, empêtré dans une affaire de corruption.

L’INFO. C’est une première en Algérie. La justice a décidé de frapper un grand coup dans une lourde affaire de corruption contre sa société publique des hydrocarbures, Sonatrach, qui assure 95% des exportations d’hydrocarbures du pays, 15e producteur mondial de pétrole. Elle a lancé un mandat d’arrêt international contre un de ses ex-ministres. Au cœur de ce scandale : Chakib Khelil, ancien PDG de la Sonatrach et ministre de l’Energie durant plus de dix ans, son épouse, ses deux fils, notamment, sont accusés de "blanchiment d’argent, abus de pouvoir et constitution de bandes criminelles".

Khelil, un camarade de classe de Bouteflika. Cette décision est un coup de tonnerre en Algérie car cet ancien président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ancien de la Banque mondiale, avait souvent été présenté comme un "super ministre". Ce polyglotte, qui a travaillé pour Shell et Philips Petroleum aux Etats-Unis, est devenu conseiller de Bouteflika en 1999. Le président algérien, qui a fréquenté la même école que Chakib Khelil, a même "pensé à faire de lui son Premier ministre", assure Naoufel Brahimi El Mili*, docteur en sciences politiques et spécialiste de l’Algérie joint par Europe1.fr.

[...] Des millions de dollars de commissions. Jusque là, rien d’illégal. Seulement, l’application d’une feuille de route libérale qui était soutenue à l’époque par les Etats-Unis. Sauf que durant de nombreuses années, un réseau international de corruption aurait été mis en place. Lundi, le procureur a annoncé qu’un mandat d’arrêt a également été lancé contre Farid Bedjaoui, proche de Chakib Khelil. Il serait le principal intermédiaire dans cette affaire de pots-de-vin versés par la société italienne Saipem, filiale de l’italienne ENI, pour obtenir des contrats juteux dans les hydrocarbures en Algérie. Selon la presse italienne, 123 millions de dollars (92 millions d’euros) de commissions auraient été déposés sur des comptes à Singapour et Hong Kong contrôlés par Farid Bedjaoui. Il serait actuellement à Dubaï avec un passeport français et pourrait être extradé vers son pays d’origine. Sur un total de 22 accusés, deux sont des entreprises, l’italienne Saïpem, objet d’une enquête en Italie pour des pots-de-vin versés entre 2007 et 2009 en échange de sept contrats en Algérie évalués à 8 milliards d’euros, et la société Orascom de l’Egyptien Naguib Sawiris.

"Depuis qu’il y a l’OCDE (l’organisation de coopération et de développement économiques, ndlr), les pays ne sont plus censés pratiquer la corruption. Les montages sont donc devenus sophistiqués et complexes. Dans cette affaire, l’une des plateformes passait par Dubaï. Or, les Emirats arabes unis ne coopèrent pas en matière de lutte anti-blanchiment. Il y avait aussi Singapour, le Panama", décrypte Naoufel Brahimi El Mili, spécialiste du Maghreb. Selon le procureur général, les premiers éléments de l’enquête ont permis de retrouver des comptes dans le monde entier. Et "le montant de chacune des opérations varient entre 20 millions de dollars et 175 millions d’euros. Une partie de ces fonds a été investie dans l’achat de biens immobiliers", a-t-il affirmé. Lire la suite.


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