Paradis fiscaux et judiciaires

Délinquance financière : "L’État a pris conscience qu’il y avait du pillage"

samedi 9 novembre 2013

Délinquance financière : "L’État a pris conscience qu’il y avait du pillage"

Le Point.fr - Publié le 08/11/2013 à 12:23 - Modifié le 08/11/2013 à 15:45

Gilles Aubry, sous-directeur des affaires économiques et financières, revient sur l’activité des différentes brigades domiciliées au Château des rentiers.

Propos recueillis par Marc Leplongeon

Au Château des rentiers, dans le 13e arrondissement de Paris, ce sont environ 355 fonctionnaires qui traquent au quotidien les faits de corruption et d’escroquerie les plus divers. Les médias s’attroupent régulièrement devant les portes du bâtiment austère, dès lors qu’un grand patron ou un homme politique y est auditionné. Les affaires Elf, Kerviel, Bettencourt ou encore Tapie sont effectivement traitées ici. Gilles Aubry, patron du Château des rentiers, a accepté pour Le Point.fr d’expliquer les rouages de la sous-direction des affaires économiques et financières. Entretien.

[...] L’État souhaite particulièrement lutter contre la fraude fiscale. C’est vous, au Château des rentiers, qui traitez ces affaires. Comment travaillez-vous ?

Cela peut être extrêmement compliqué de remonter les sociétés-écrans, les flux financiers, etc. Mais on est extrêmement forts, ou en tout cas extrêmement déterminés (rires) ! On ne recherche pas, comme sur une scène de crime, des traces de sang ou d’ADN. On partira presque toujours de la documentation. Tout est dans le papier, dans l’écrit, ou dans les échanges électroniques que l’on récupère lors de perquisitions. Évidemment, encore faut-il trouver ces documents. Mais nous avons de nombreux moyens à notre disposition. Je peux aller chez vous, et si vous avez détruit vos relevés de compte bancaire, j’irai à la banque, qui, elle, a une obligation de les conserver un certain nombre d’années. On va finir par savoir que, régulièrement, vous versez tant d’euros à une personne, que l’on va aller voir à son tour. Et ainsi de suite. C’est très schématique et réducteur, mais cela fonctionne un peu de cette façon. D’où l’argent est-il parti ? Par qui est-il passé ? Où et comment ? Il faut essayer d’y voir clair dans la nébuleuse des montages complexes de sociétés sous-traitantes, alliées ou qui font partie de holdings installées à l’étranger dans des paradis fiscaux. Ce travail est purement économique et financier. On a également des brigades qui vont faire des surveillances, des planques, des écoutes téléphoniques, des interpellations dans la rue et à domicile, et agir comme on pourrait le faire en matière criminelle. Lire la suite sur le site du magazine Le Point.


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