Paradis fiscaux et judiciaires

Où est passé l’argent des implants mammaires PIP ?

samedi 7 décembre 2013

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Où est passé l’argent des implants mammaires PIP ?

Publié le samedi 07 décembre 2013 à 09h05

Jean-Claude Mas est soupçonné d’avoir organisé son patrimoine à l’étranger, au préjudice de sa société Poly-Implants-Prothèses (La Seyne). L’enquête financière passe les frontières.

Le fondateur de l’entreprise PIP, Jean-Claude Mas, est loin d’en avoir fini avec la justice. Mardi matin, il connaîtra le sort que lui réserve le tribunal correctionnel de Marseille, pour avoir rempli ses prothèses d’un gel non-conforme et trompé des centaines de milliers de femmes de par le monde.

Plus discret, un autre volet de l’affaire s’intéresse à l’argent secret de PIP. La justice soupçonne le chef d’entreprise, officiellement retraité depuis 2005, d’avoir organisé un réseau complexe de sociétés écrans, afin de faire transiter des fonds à son profit, depuis les comptes de PIP. La société fabriquait à La Seyne-sur-Mer et exportait dans le monde entier.

Comptes au Luxembourg

Depuis mai 2012, et à la faveur de la plainte d’une Varoise porteuse de prothèses PIP, le parquet s’est décidé à enquêter sur les circuits financiers tissés autour de la société. Y apparaît une nébuleuse de sociétés basées dans des paradis fiscaux.

Dès février 2012, la cellule Tracfin avait informé le parquet de Marseille de l’existence de plusieurs comptes bancaires au Luxembourg, dont Jean-Claude Mas était le titulaire au début des années 2000. Ce que l’intéressé reconnaît sans difficulté, selon son avocat.

Trois personnes mises en examen

Les investigations ont traversé les frontières, avec le lancement d’une commission rogatoire internationale, envoyée aux autorités luxembourgeoises. L’information judiciaire a été enrichie d’un réquisitoire supplétif en juin 2013.

Trois personnes physiques sont mises en examen : Jean-Claude Mas, son ex-compagne Dominique Lucciardi, et le directeur général de PIP, Claude Couty.

Le juge d’instruction Pierre Philipon enquête désormais sur « un abus de biens sociaux au préjudice de PIP ; la banqueroute par détournement ou dissimulation d’actif ; le blanchiment de tromperie, d’abus de biens sociaux et de fraude fiscale ».

Pourquoi l’entreprise familiale Poly-Implants-Prothèses s’est-elle transformée, en structure multinationale ? Dans quels buts ? Ce sont ces rouages que l’information judiciaire est en train de décrypter. Puis le juge dira s’il y a matière à un renvoi en correctionnel.

Du côté du respect de la législation, les femmes victimes sont déjà fixées. Les normes sanitaires n’étaient pas l’inquiétude première des responsables de l’entreprise.

Visionner le schéma sur le site de Var Matin.


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