Paradis fiscaux et judiciaires

ILE DE FRANCE : L’étonnant bataillon des évadés...

vendredi 13 décembre 2013

ILE DE FRANCE

L’étonnant bataillon des évadés fiscaux

Par Elsa Conesa | 13/12 | 06:00

Héritiers industriels de fortunes tricentenaires, familles bourgeoises terrorisées par la victoire du Front populaire ou les barricades de Mai 68... Les Français détenteurs de comptes non déclarés à l’étranger n’ont pas toujours le profil qu’on imagine... Ils sont près de 10.000 à s’être signalés depuis l’été auprès de la « cellule de régularisation » mise en place par l’administration fiscale.

[...] Les gros poissons toujours cachés

Et puis il y a les gros poissons. Les vrais fraudeurs, ceux qui ont dissimulé 10, 20, 50 millions d’euros. Ceux-là, au dire de nombreux spécialistes, se cachent encore. « Les passifs, les héritiers de petits comptes, sont sortis du bois plus vite car ils vivent mal leur situation. Les gros comptes sont encore rares », confirme l’avocat fiscaliste Marc Bornhauser. Souvent, les propriétaires de ces comptes très bien garnis consultent un ou deux spécialistes, le plus discrètement possible, pour se faire une idée, puis disparaissent dans la nature. Tous les avocats en ont vu passer. Comme cet héritier d’une famille de commerçants, qui avait accumulé de l’argent depuis les années 1920 et dont le compte en Suisse affichait 40 millions d’euros. Il était discret et méfiant au point de douter du téléphone du conseiller qu’il avait en face de lui. « Il avait peur qu’on l’enregistre », se souvient l’intéressé, qui ne sait pas ce qu’il est devenu. Pour ceux-là, la régularisation peut en effet coûter cher, surtout s’il y a une succession. La facture peut alors monter à 60 %, voire davantage.
A tort ou à raison, ces contribuables ont la certitude de pouvoir échapper au fisc.
Ils envisagent toutes les solutions. Les banques suisses cherchent aussi plus volontiers à les garder en gestion, alors qu’elles n’ont pas intérêt à s’embarrasser de comptes plus petits qui présentent des risques. Comment font-elles ? « Il suffit de déplacer l’argent dans un Etat où l’échange d’information n’est pas encore en vigueur, indique un spécialiste. L’argent reste dans la banque mais change de pays. » Les destinations peuvent être exotiques : Arabie saoudite, Dubaï, Charjah… La liste des paradis fiscaux évolue vite.
Par définition, il est très difficile de savoir ce que ces fonds deviennent. Une certitude toutefois : jusqu’à présent, peu ont cherché à se régulariser. Combien sont-ils ? La place financière suisse estime à quelque 70.000 l’ensemble des comptes détenus par des résidents français Lire la suite.


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