Paradis fiscaux et judiciaires

Corruption au Brésil : les documents qu’Alstom n’aurait jamais voulu voir publiés

vendredi 6 juin 2014

Corruption au Brésil : les documents qu’Alstom n’aurait jamais voulu voir publiés

Vendredi 6 Juin 2014 à 12:30

[...] au Brésil, d’anciens hauts dirigeants du fleuron industriel français sont soupçonnés de corruption active et blanchiment d’argent. Ces derniers auraient pris l’habitude de distribuer des mallettes d’argent à des fonctionnaires d’Etat pour s’assurer l’obtention de contrats importants. Un système visiblement très au point et une affaire qui tombe mal.

Soumis au bon vouloir de la justice brésilienne, Alstom appréhende et se défend. Laborieusement. Les accusations sont graves. Corruption active, blanchiment d’argent. Le tout publiquement exposé dans un acte d’accusation de près de cinquante pages soigneusement rédigé par les procureurs fédéraux de São Paulo en février dernier. Déterminés, ces derniers comptent bien récupérer les deniers publics de l’Etat paulista qui auraient été utilisés par Alstom dans le versement de généreux pots-de-vin en 1998. Onze personnes, dont d’anciens dirigeants du groupe français, sont actuellement mis en examen.

A l’époque des faits, Alstom négociait âprement l’obtention d’un « important » avenant à un contrat signé avec les pouvoirs publics quinze ans plus tôt. Ce contrat, baptisé « Gisel », visait à moderniser les réseaux d’énergie de la ville, notamment celui de l’extension de son métro. Pour s’assurer de le décrocher, sans passer par un appel d’offre ouvert à la concurrence, Alstom aurait mis le paquet. Deux dizaines de millions de reais (8 millions d’euros), dissimulés en partie dans des mallettes, en liquide et en petites coupures s’il vous plaît, auraient été distribuées aux grands décideurs de l’Etat de São Paulo.

Livrées par des convoyeurs à moto qui les déposaient dans des restaurants, comme le révèle Marianne cette semaine, les mallettes arrivaient directement dans les mains de hauts fonctionnaires brésiliens corrompus et confortablement attablés. Les sommes étant dans un premier temps transférées via des sociétés écrans (des sociétés offshore immatriculées dans des paradis fiscaux) sous couvert de faux contrats de consultants. Car leur montant était inclus dans le prix du contrat (252 millions de francs, plus de 38 millions d’euros) établi entre Alstom et l’EPTE, l’entreprise publique à l’origine de l’offre chargée de la transmission de l’énergie de la mégalopole brésilienne. Lire la suite.


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