Paradis fiscaux et judiciaires

L’argent sale du bois tropical

lundi 1er mai 2006

A fleur de presse - Mai 2006 - L’argent sale du bois tropical

AFP, L’argent sale du bois tropical., Le bûcheronnage, un secteur économique qui compte de nombreux acteurs sans aucun scrupule, 24/04 :

« Global Witness, partie civile au procès du négociant néerlandais Guus Kouwenhoven à La Haye, dénonce l’exploitation criminelle des ressources naturelles et leur lien avec les atteintes aux droits de l’homme. Alex Yearsley est coordinateur de programmes au sein de l’ONG.

AFP : Pourquoi l’exploitation du bois tropical peut-elle être dangereuse ?

Alex Yearsley : Le bûcheronnage est un secteur économique qui compte de nombreux acteurs sans aucun scrupule. Ils sont là pour couper le plus de bois possible, le plus vite possible et pour le moins cher possible. Cela ne nourrit pas seulement les conflits comme ce fut le cas au Liberia. Il y a la corruption, le trafic d’armes... Des sociétés d’exploitation ont des liens avec des réseaux de blanchiment d’argent de la drogue. Ils ne replantent pas, ils n’exploitent pas la ressource de manière raisonnée. Le bilan environnemental est catastrophique.

Comment peuvent agir les pays consommateurs ?

Il faut un système international garantissant l’origine du bois et les conditions d’exploitation. Il faut aussi mettre fin au système des concessions, qui ne vise que des bénéfices rapides.

Malheureusement, la Banque mondiale croit que la réponse aux problèmes d’un pays à peine sorti de la guerre est d’ouvrir tous les secteurs à l’exploitation commerciale.

Quels sont les pays les plus menacés aujourd’hui ?

Nous sommes très inquiets pour la république démocratique du Congo. Il y a des zones forestières immenses prêtes à être divisées entre les sociétés de bûcheronnage, des millions de personnes dépendent de la forêt pour leur subsistance, et la Banque mondiale pousse à l’exploitation commerciale. Nous sommes aussi très préoccupés par le rôle que joue la Chine. Où que l’on aille en Afrique, en ce moment, on voit des Chinois tenter de passer des accords sur les ressources naturelles. »

Hubert Sauper n’a pas cité le bois. Son exploitation est pourtant le plus grand scandale en Afrique équatoriale, difficile à imaginer, parce qu’aucune image ne rend compte des conséquences humaines de ce scandale : campements d’ouvriers misérables, maladies, accidents, désastre sur la faune etc. François Garçon vous dirait que c’est une affaire purement africaine, puisque les Bongo et Biya s’enrichissent. Biya s’est même fait aménager, à prix d’or, un golf dans la forêt. Il y a des Africains heureux. Qu’est-ce qu’on a à culpabiliser les Occidentaux avec des visions d’horreur ! Mais ces derniers ne vont pas tarder à retrouver le sens de la morale. Les Chinois arrivent. Quelle honte de venir piller les pauvres !

Odile Tobner

Extrait de Billets d’Afrique et d’Ailleurs N°147 - Mai 2006 -

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Publié avec l’aimable autorisation de l’Association Survie.

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