Paradis fiscaux et judiciaires

Cette autre affaire Espirito Santo qui touche la finance lémanique

vendredi 15 août 2014

Naufrage financier samedi 16 août 2014

Cette autre affaire Espirito Santo qui touche la finance lémanique

Pierre-Alexandre Sallier

C’est une vaste enquête sur un réseau de blanchiment et d’évasion fiscale qui a conduit à la brève arrestation du patriarche du conglomérat portugais en juillet dernier. Pas l’effondrement financier de la banque Espirito Santo. Lancée en 2011 par Lisbonne, cette opération « Monte Branco » a également mobilisé la justice genevoise

Le 24 juillet au petit matin, la police ne sonne pas à la résidence de l’homme d’affaires le plus puissant du Portugal pour lui parler de la situation catastrophique de son empire familial. Ricardo Espirito Santo Silva Salgado est convoqué pour une affaire de blanchiment et d’évasion fiscale d’une ampleur sans précédent. Et dont les ramifications s’étendent vers l’archipel du Cap-Vert comme vers Genève.

Depuis trois ans, une campagne de la justice portugaise baptisée « Monte Branco » (Mont-Blanc) s’intéresse au rôle joué par Akoya Asset Management SA dans cette fraude que la presse portugaise chiffre à près de 1 milliard d’euros. Montée en 2009 par un ancien banquier avec trois décennies chez UBS à son actif, cette officine genevoise de gestion de fortune a eu comme copropriétaire l’ex-patron de Banco Espirito Santo en Angola. Les trois associés d’Akoya installés en Suisse sont arrêtés en mai 2012 à Porto, en compagnie d’un affairiste portugais en vue. Ils font 5 mois de détention avant d’être remis en liberté. Depuis, la plaque de la raison sociale d’Akoya a été déplacée à Pully (VD). Contacté, son nouvel administrateur ne répond pas aux messages.

[...] Il y a trois ans, le versant fiscal de l’affaire fait d’autant plus de bruit que l’Etat portugais, surendetté, semble voué à la banqueroute. Genève n’est cependant qu’une des pièces d’un vaste réseau de recyclage financier occulte qu’un autre grand naufrage bancaire a fait remonter à la surface en 2008. Celui de la Banco Portugues de Negocios, qui se transforme en scandale politique. Nationalisé, l’établissement est bradé en 2009 par le gouvernement au profit d’une banque angolaise. Une procédure pénale est ouverte à Lisbonne alors que surgissent les financements à fonds perdu octroyés, notamment vers une banque du Cap-Vert. Les soupçons se dirigent rapidement vers un député social-démocrate qui s’avère être au centre du réseau de blanchiment de l’enquête « Monte Branco ». L’aide de la justice genevoise – qui saisira des documents chez Banco Espirito Santo à Pully – sera également demandée dans cette affaire. Lire la suite sur le site du journal Le Temps.


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