Paradis fiscaux et judiciaires

Puzzle...

samedi 2 juin 2007

Puzzle...

Prenez :
un dossier à hauts risques de fausses factures (pour 19 millions de francs), instruit par le juge Halphen ;

le patron d’une myriade de sociétés et bureaux d’études, Jean-Claude Méry, qui avoue son rôle de collecteur de fonds pour le RPR ;

l’ancien chauffeur d’icelui, qui déclare avoir souvent conduit son patron à la Mairie de Paris ; muni d’une mallette, J.C. Méry se rendait dans le bureau de Michel Roussin (alors directeur de cabinet de J. Chirac) ;

un ancien gardien de la paix, Francis Poullain, très gaulliste, puis très prospère du jour où sa société de peinture et ravalement a passé une convention d’« assistance commerciale » avec J.C. Méry - les marchés des offices d’HLM de Paris (maire : J. Chirac) et des Hauts-de-Seine (Président : Ch. Pasqua) lui étant dès lors largement ouverts ;

un colonel à la retraite et ancien mercenaire, Yanni Soizeau (aujourd’hui décédé), qui finit par se fixer à Abidjan, d’où il exerce une « pluri-activité considérable : « noce », renseignement, trafic d’armes (via une société suisse), joint-venture dans la banane avec le directeur des Douanes, relations suivies avec la nièce du Président Houphouët, et avec Henri Konan-Bédié qui lui succèdera, domiciliation enfin d’un bureau d’études d’où il multiplie les fausses factures envers des entrepreneurs français ( !) comme Poullain, leur ouvrant de fructueux contrats de travaux à Euro-Disney, la GMF ou le GAN... ;

une agence parisienne du CCF où l’ubiquiste Yanni Soizeau venait sortir en liquide l’argent des fausses factures ;

une lettre de Y. Soizeau adressée en 1993 à son ami Philippe Jehanne (ex-DGSE), collaborateur de M. Roussin (ex-DGSE) lui demandant de l’aider à étouffer une affaire judiciaire ;

une kyrielle d’autres acteurs, intermédiaires, politiques de droite et de gauche qui, comme la plupart des précédents, cultivent des fraternités maçonnes ;

un juge (Halphen) qui, pour une fois, s’intéresse précisément à un réseau de financements occultes franco-africains. (Libération, 21/10/1994). Ajoutez :

l’affirmation d’Érik Orsenna (rappelée dans notre n° 15) : « Tout le monde sait que les partis politiques sont financés par des détournements de trafics via l’Afrique. L’Afrique sert à blanchir l’argent des partis politiques » ;

la rumeur croissante sur une implication de la DGSE dans ce dispositif.

Agitez. Ajustez.

Vous devinez un paysage françafricain.

Vous comprenez pourquoi l’argent de l’APD va toujours à l’opposé de ses objectifs officiels, et pourquoi la politique franco-africaine dessert systématiquement les peuples concernés.

Extrait de Billets d’Afrique et d’Ailleurs N°16 - Novembre 1994 -

Billets d’Afrique et d’Ailleurs est la revue mensuelle éditée par Survie.

Publié avec l’aimable autorisation de l’Association Survie.

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