Paradis fiscaux et judiciaires

« Abracadabrantesque »...

dimanche 1er octobre 2000

« Abracadabrantesque »...

On ne saurait trop insister sur la continuité entre les Chiraquies parisienne, élyséenne et françafricaine. Les méthodes sont les mêmes, parfois les hommes (tels les spécialistes "électoraux").

Le Canard enchaîné (30/08/2000) démontre, par une série de documents exclusifs, comment l’Élysée est intervenu en 1996 dans la privatisation de la Compagnie générale maritime (CGM) et a imposé, contre l’avis formel de Bercy, un candidat en quasi-faillite, Jacques Saadé. Lequel a pu faire ainsi main basse sur une trésorerie de 800 millions.

Jacques Saadé a une qualité : il est très lié à Rafic Hariri.

Ce milliardaire libano-saoudien, dont la fortune approche les 50 milliards de FF, est lui-même très proche de Jacques Chirac.

Entre 1980 et 1990, il a investi quelque 70 milliards dans l’immobilier parisien. Premier ministre du Liban de 1992 à 1998, il a pris le contrôle d’une grande partie des richesses du pays, mais lui a légué une dette de 18 milliards de dollars 1.

Il est régulièrement cité comme l’un des trésoriers des campagnes chiraquiennes, mais c’est forcément « abracadabrantesque » !

Le 23 mars 2000, quatre policiers se rendent dans les locaux d’Archives Chrono, à Marseille, pour se faire communiquer des documents relatifs à l’étrange cession de la CGM. 

Ils n’ont pas encore gagné l’entrepôt que surgit une Citroën Visa.

Les deux occupants, parfaitement renseignés subtilisent un seul des 12 cartons d’archives de la CGM, intitulé : CGM Privatisation. Huit dossiers spéciaux.

Supposer que, comme au temps des Prouteau et Barril, il existe une porosité entre la police, les Services et les intérêts élyséens est « abracadabrantesque » ! Comme supposer que certains "mercenaires" français dans les deux Congos pourraient avoir un correspondant au Château.

Non, le fils spirituel de Foccart s’est toujours interdit un tel mélange des genres. Si on le lui demande, il confirmera sûrement être l’un des rares leaders français à n’avoir jamais vu financer ses bonnes œuvres par Elf-Gabon ou Elf-Congo.

1. Cf. René Naba, Rafic Hariri, L’Harmattan, 1999.

Extrait de Billets d’Afrique et d’Ailleurs N°85 - Octobre 2000 -

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Publié avec l’aimable autorisation de l’Association Survie.

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