Paradis fiscaux et judiciaires

Biens mal acquis : les soupçons de Bangui contre le clan Bozizé

lundi 24 novembre 2014

Publié le 21-11-2014 Modifié le 21-11-2014 à 11:22

Biens mal acquis : les soupçons de Bangui contre le clan Bozizé

Par Laurent Correau

Il y a une semaine, le cabinet de l’avocat français William Bourdon a porté plainte à Paris au nom de l’Etat centrafricain dans l’affaire des biens mal acquis du clan Bozizé. Les autorités de Bangui demandent l’ouverture d’une enquête sur le patrimoine en France d’anciens responsables du régime : propriétés immobilières, avoirs financiers, voitures de luxe. Un patrimoine qui, selon le pouvoir de transition, n’a pas pu être acquis par des voies légales.

D’où vient la fortune amassée par le clan Bozizé ? D’où viennent ces propriétés immobilières, ces avoirs financiers, ces voitures de luxe détenus par les anciens dignitaires centrafricains ? De revenus légaux obtenus au service de l’Etat ? Pour la présidence de transition centrafricaine, c’est impossible. L’équipe de Catherine Samba-Panza est persuadée qu’il faut regarder ailleurs.

Activités minières

Du côté de l’argent lié aux activités minières tout d’abord. Et par exemple, du côté du pétrole. Sous Bozizé, des intérêts chinois ont reçu un permis précédemment accordé sous Ange-Félix Patassé à l’Américain Jack Grynberg pour travailler sur les réserves du nord-est du pays. L’actuelle équipe au pouvoir a recensé quelques acteurs clés de cette opération : le président Bozizé, son neveu, une société appartenant à Mme Bozizé, un intermédiaire au Qatar. La présidence de transition soupçonne des versements de pots-de-vin : elle évoque la promesse d’une enveloppe de 10 millions de dollars américains payables en deux temps, un compte aux Iles vierges britanniques, un engagement de surfacturations.

Autre ressource naturelle qui s’est transformée, selon Bangui, en source de devises : l’uranium. Avec notamment les transactions qui ont entouré l’affaire Uramin, cette société revendue au géant français du nucléaire Areva pour l’exploitation du gisement de Bakouma dans le sud-est. Les autorités de transition disent détenir des informations sur plusieurs dizaines de millions de dollars américains qu’auraient obtenus deux acteurs clés du dossier au sommet de l’Etat centrafricain. Elles parlent aussi de commissions mises à l’abri en Afrique du Sud. Lire la suite sur le site de RFI.


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