Paradis fiscaux et judiciaires

Inde : Bhopal sous fond de corruption

mardi 2 décembre 2014

Inde : Bhopal sous fond de corruption

Bertrand Venard / Professeur à Audencia Nantes School of Management | Le 02/12 à 08:34

Trente ans après la catastrophe de Bhopal, des centaines de tonnes de déchets toxiques polluent encore le site. Considéré comme un des pires accidents industriels de l’Histoire, c’est aussi le stéréotype d’une affaire de corruption.

Rappelons les faits. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, 40 tonnes d’un gaz extrêmement toxique, l’isocyanate de méthane s’évaporent d’une usine de pesticides d’Union Carbide. Cette tragédie survient à Bhopal, province de Madyat Pradesh, à 600 km au sud de New Delhi. 3500 personnes meurent la première nuit et entre 8000 à 25 000 par la suite. Des centaines de milliers personnes de la ville tomberont malade.

Une affaire de corruption

Pourquoi parler de corruption pour ce qui peut sembler finalement qu’un problème industriel et environnemental ? Selon Transparency International, la corruption consiste en l’abus d’un pouvoir à des fins privées. En ce sens, les dirigeants d’Union Carbide ont utilisé leur pouvoir économique contre l’intérêt public des indiens. Que l’intérêt de la population indienne soit concerné, ne fait aucun doute.

Hormis les morts par asphyxie, des milliers d’inconscients vivent toujours faute de mieux autour du site toujours contaminé et continuent de payer la note toxique de leurs aînés. 30 ans après les faits, on ne compte plus les malformations, les décès prématurés, et les handicaps en tout genre qui font ressembler les bidons villes de Bhopal à une court des miracles d’autant plus sordide qu’elle mêle apathie, pauvreté et oubli.

La rentabilité au détriment de la sécurité

L’histoire d’Union Carbide en Inde est celle d’une entreprise qui n’hésite pas à abandonner la sécurité des plus démunis pour de futiles raisons mercantiles. Ainsi, l’usine de Bhopal fut construite à la fin des années 70 pour accompagner la révolution verte qui devait permettre à l’état indien de faire face aux besoins alimentaires croissants de sa population. Rien n’était alors trop beau pour attirer une multinationale américaine qui promettait investissements, emplois et pesticides. Mais très vite, cette promesse de carton pâte s’effondra devant les problèmes de rentabilité du site.

Les dirigeants de l’époque décidèrent alors de réduire les coûts et même de fermer l’usine. Réduire les frais passa alors par une baisse des investissements, notamment au détriment des règles de sécurité. Les incidents se multiplièrent. Un grand incendie aurait dû déjà alerté les autorités. L’apothéose de l’incompétence et de la malhonnêteté fut atteinte quand un audit montra en 1982, 2 ans avant la catastrophe, des déficiences sérieuses.

Comme l’argent était en jeux, certains oublièrent les règles minimales d’éthique. On organisait de grandes fêtes avec des officiels indiens, on embaucha le fils ou le cousin de telle ou telle personne influente. On recruta même l’ancien chef de la police comme responsable de la sécurité de l’usine de Bhopal. Pour couronner ce portrait apocalyptique, personne ne songea à mettre en place un plan d’urbanisation et un plan de prévention des risques alors que l’usine se trouvait à 1km de la gare et à 3Km du centre ville.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-119385-bhopal-sous-fond-de-corruption-1070376.php?aD3wALJtueWthC2e.99


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 349 / 591236

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Les catastrophes écologiques & sanitaires  Suivre la vie du site Divers   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.17 + AHUNTSIC

Creative Commons License