Paradis fiscaux et judiciaires

« J’ai honte d’être banquier »

samedi 20 décembre 2014 par marieagnes

Récit samedi 20 décembre 2014

« J’ai honte d’être banquier »

Par Mathilde Farine

Des gérants de fortune passent l’essentiel de leur temps à « nettoyer » leur clientèle non-déclarée. Au-delà du travail ingrat de « trahison », ils se rendent compte que ce sont eux, ensuite, qui n’auront plus de perspectives. Pour certains, la reconversion a commencé

Adrien* se voit comme un rescapé, un « miraculé » même. Comme des dizaines d’autres, ce banquier genevois gérait la fortune de clients de pays limitrophes, dont des Français, pour une grande banque de la place. Avant de se transformer en « nettoyeur » impitoyable de portefeuilles non déclarés.

Tout a commencé il y a environ trois ans. Les unes après les autres, les banques réalisent qu’elles doivent pousser leurs clients à se mettre en règle face à leurs autorités fiscales. Faute de quoi, ce seront elles qui se retrouveront en délicatesse avec les autorités étrangères. Adrien s’est ainsi trouvé au cœur des transformations de la place financière. La Suisse a alors renoncé à la distinction entre l’évasion et la fraude fiscales, et l’affaire UBS aux Etats-Unis est en train de mettre à bas le secret bancaire. « Avant même que le cadre réglementaire change pour tenir compte de cette nouvelle réalité, les banques ont spontanément changé leur pratique et pris des mesures pour se protéger », explique Adrien.

Des mesures ? Donner l’ordre aux responsables de la clientèle privée de pousser les titulaires de compte à se déclarer. Ou à quitter l’établissement. Parfois selon des critères de taille et de fortune, les petits comptes devenant les plus urgents à fermer. Pour cela, chaque client doit être contacté personnellement, dans des conditions plus ou moins tendues.

[...] Le virage est à 180 degrés alors que, jusqu’ici, « la banque ne se souciait pas du tout de la fiscalisation de ses clients ». Il estime que 10% de son temps de travail est véritablement dédié à la gestion de fortune. Les 90% restants sont consacrés au « nettoyage » des portefeuilles. « Nous sommes devenus un faux bras armé du fisc. Nous ne faisons plus du tout notre travail de gestionnaires de fortune ». Aujourd’hui, Antoine estime avoir perdu un peu plus de la moitié des avoirs qui lui étaient confiés. Lire la suite sur le site du journal Le Temps.


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