Paradis fiscaux et judiciaires

HSBC ferme les yeux sur le trafic d’armes en Afrique

vendredi 13 février 2015 par marieagnes

Enquête

HSBC ferme les yeux sur le trafic d’armes en Afrique

Par Martha M. Hamilton (ICIJ) et Will Fitzgibbon (ICIJ)

Le Monde.fr Le 11.02.2015 à 14h30 • Mis à jour le 13.02.2015 à 10h03

Un incroyable carnage se préparait. En juillet 2003, le mouvement rebelle des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), fraîchement réapprovisionné en armes et en munitions, a pu reprendre l’offensive qu’il avait commencée en juin sur la capitale Monrovia, dans l’objectif de prendre le contrôle du pays au président Charles Taylor. Dans les deux camps, des enfants soldats étaient au combat, dans une zone densément peuplée par des civils.

Lors de cette bataille qu’on surnomme au Liberia la « Troisième Guerre mondiale », les jeunes combattants au service des rebelles étaient armés, pour reprendre les termes d’un article de The Economist, de « jouets flambant neufs » qu’ils utilisaient sans la moindre formation. Les affrontements ont fait des centaines de morts et 2 000 blessés parmi les civils.

« Les tirs au mortier étaient si mal ajustés qu’ils étaient particulièrement terrifiants et difficiles à éviter pour les civils », peut-on lire dans un rapport [de novembre 2003] de l’organisation Human Rights Watch. Balles, éclats d’obus et obus de mortier transpercent les corps, qu’ils mutilent quand ils ne les tuent pas instantanément, assurent à l’ONG plusieurs témoins.

Les armes à destination des rebelles libériens ont transité par la Guinée, où elles ont été acheminées par plusieurs sociétés, dont Katex Mines Guinée, affirme un groupe d’experts des Nations unies. Cette société fait partie du groupe Katex, présent en Afrique de l’Ouest et en Europe dans les secteurs du bâtiment, des plastiques, du gaz et de la brique.

HSBC Private Bank (Suisse) est alors la banque de Katex Mines Guinée, et elle le restera même lorsque les Nations unies auront désigné la société comme « possible fournisseur d’armes » des rebelles libériens. Selon des documents obtenus par l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) et Le Monde, le compte bancaire, ouvert en 2001, était créditeur de 7,14 millions d’euros à sa clôture en 2006.

Plusieurs clients liés à des conflits en Afrique

Les informations obtenues montrent que Katex Mines Guinée n’est pas le seul client de HSBC lié à des conflits en Afrique. La branche banque privée de HSBC, qui exerce ses activités dans un pays à la légendaire neutralité, a servi d’intermédiaire financier à des entrepreneurs et des criminels qui ont alimenté et financé en Afrique des guerres parmi les plus sanglantes et des ventes d’armes parmi les plus immorales.

Pour la banque suisse, les hommes et les femmes mêlés à ces conflits étaient de lucratifs clients : le solde total des comptes bancaires de personnes liées au trafic d’armes ou à des ventes d’armes douteuses dans au moins sept pays d’Afrique représentait en 2006 ou 2007 plus de 56 millions de dollars.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/02/11/hsbc-ferme-les-yeux-sur-le-trafic-d-armes-en-afrique_4574381_3212.html#bLOXI6v3x2Bsh40H.99


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