Paradis fiscaux et judiciaires

Andorre menacée par une crise bancaire de grande ampleur

samedi 14 mars 2015 par marieagnes

Andorre menacée par une crise bancaire de grande ampleur

Romaric Godin | 14/03/2015, 10:00 - 1213 mots

Les autorités américaines menacent de sanctionner la quatrième banque de la coprincipauté pour blanchiment. Une décision qui menace l’équilibre précaire de ce petit pays.

La semaine qui s’achève aura vu le secteur financier andorran secoué par une forte tempête. Mardi 10 mars, en effet, la division du Trésor américain chargé de la lutte contre le crime financier, la FinCEN, a indiqué qu’elle ouvrait une enquête contre la Banca Privada d’Andorra (Banque privée d’Andorre, BPA) pour blanchiment. Aussitôt, l’autorité régulatrice bancaire andorrane, L’Institut national andorran des Finances (INAF), annonçait qu’il prenait le contrôle de la BPA. Parallèlement, en Espagne, la Banque centrale décidait également de prendre le contrôle de la filiale espagnole de la BPA, Banco de Madrid.

Les reproches de la FinCEN

Que reproche la FinCEN à la BPA ? D’avoir permis, moyennant de grosses commissions touchées par certains dirigeants, le dépôt de sommes issues du crime organisé et de la corruption. Une fois dans les caisses de la BPA, cet argent devenait « honnête » et pouvait revenir dans le secteur financier américain. Le Trésor américain cite trois cas précis. Le premier est celui du Russe Andreï Petrov, arrêté en février 2013 en Espagne pour blanchiment, et qui, selon les autorités américaines, serait lié avec l’un des « dix fugitifs les plus recherchés par le FBI », l’Ukrainien Simon Mogilievitch, un des parrains de la mafia russe. Deuxième cas : celui du chinois Gao Ping, lui aussi arrêté par l’Espagne en septembre 2012, qui aurait utilisé la BPA pour blanchir l’argent de la mafia chinoise et payé des « commissions exorbitantes » à des dirigeants de la banque andorrane. Enfin, le Trésor américain souligne que la BPA aurait été utilisé pour blanchir le détournement de près de deux milliards de dollars de la compagnie pétrolière publique vénézuélienne PDVSA.

[...] Pas de filets de sécurité pour Andorre

Or, Andorre, quoique utilisant de facto l’euro, n’est ni membre de la zone euro, ni membre de l’UE. Le pays n’a pas de banque centrale et la BCE n’est pas responsable de son secteur bancaire. En cas de tempête financière sur la petite place pyrénéenne, ce sera à l’Etat d’intervenir directement avec des euros, une monnaie qu’elle ne peut émettre librement et certainement pas à hauteur des besoins d’une crise bancaire. Dans ce cas, Andorre fera sans doute une faillite retentissante qui fera disparaître l’essentiel de sa crédibilité et donc d’une grande partie du cinquième de son PIB qui est issu de ce secteur. On n’en est pas encore là, mais tout dépendra de la capacité du gouvernement d’Andorre à contenir la crise de BPA.

[...] Micro-Etats qui ont misé sur la finance

Cette affaire vient donc porter la lumière sur ces micro-Etats qui, pour se développer ont eu recours à des secteurs bancaires aussi démesurés qu’obscurs Lire la suite sur le site du journal La Tribune.


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