Paradis fiscaux et judiciaires

L’Andorre est-elle encore un paradis fiscal ?

vendredi 19 juin 2015 par marieagnes

L’Andorre est-elle encore un paradis fiscal ?

Publié le 19/06/2015 à 07:33

Economie - Reportage

[...] Presque un an jour pour jour après la visite officielle du co-prince François Hollande, Manuel Valls répond en effet ce vendredi à l‘invitation faite le 15 février dernier à Paris par son homologue andorran Antoni Marti, « pour donner plein sens aux progrès qui ont été faits ces dernières années dans les relations bilatérales », résume Gilber Saboya. Le cœur du sujet.

Car aujourd’hui, il s’agira bien d’afficher la volonté de « normaliser, rééquilibrer et développer les échanges des deux côtés de la frontière, au plan économique, éducatif et culturel ». Mais également et surtout pour la principauté, de rappeler tout ce qu’elle a fait pour mettre en place un régime fiscal « euro-compatible », voire « transparent » (lire ci-contre). D’autant plus que la venue de Manuel Valls entre en collision avec une actualité « hostile » à « la Suisse des Pyrénées », comme on l’a souvent surnommée.

Il suffit de voir la une du Diari d’Andorra, ce jeudi. Pas un mot sur Manuel Valls. Mais pleins feux sur les deux dossiers qui préoccupent actuellement les Andorrans et les renvoient brutalement à cette image de « paradis fiscal » dont ils veulent à tout prix se débarrasser.

BPA fait le gros titre. Tandis qu’à l’intérieur, les commissaires européens Pierre Moscovici et Vladis Dombrovskis dressent la liste noire de ces trente pays « peu collaborateurs au niveau fiscal »… dont l’Andorre. Celle-ci conteste vertement puisqu’elle a signé tous les traités de coopération qu’on lui a demandés. Mais revenons-en à BPA pour Banca Privada d’Andorra, l’affaire qui secoue le plus sévèrement la principauté.

10 mars dernier. Le Financial crimes enforcement network, ou Fincen, gendarme américain luttant contre le crime financier, ouvre une enquête sur cette banque, quatrième de la principauté, pour blanchiment.

Russe, chinois, vénézuélien, mexicain… Quatre comptes suspects sont dans son collimateur et Joan Pau Miquel Prats, le n° 3 de l’établissement bancaire, prend la direction de la prison d’Andorre-la-Vieille, « où il est toujours détenu en préventive », indique un Andorran pointant le bâtiment qui domine la ville.

Le coup de tonnerre est d’autant plus fort que BPA possède aussi Banco Madrid, en Espagne, qui gère 6 milliards d’actifs. Début de panique.

Des mesures immédiates sont alors prises par le gouvernement qui veut rassurer sur la solvabilité et la solidité du système andorran. Les retraits à la BPA sont plafonnés à 2 500 € par semaine. Mais surtout, il destitue le conseil d’administration de BPA, nomme trois administrateurs puis monte l’Agence d’État de restructuration et de résolution des entités bancaires (Areb) pour traiter le dossier. Avant d’annoncer cette mi-juin qu’Andorre crée une nouvelle banque pour regrouper les fonds licites de BPA afin de la vendre aux enchères d’ici la fin de l’année. Or, cette décision légitimée à la télé par le ministre des Finances Jordi Cinca, lui-même issu du milieu bancaire, fait débat.

« BPA n’est pas une banque d’affaires occultes. C’est une banque grand public qui couvre 20 % du secteur financier andorran, où des milliers de salariés ont leur compte et pas mal d’entreprises. Imaginez ce que c’est pour ces dernières d’être plafonnées à 2 500 € par semaine quand il faut payer les fournisseurs ! », rappelle l’économiste andorran Eusebi Nomen qui s’interroge sur le montage proposé par l’Areb et le gouvernement. « Partout ailleurs, ce sont les fonds toxiques qu’on isole en créant une nouvelle entité bancaire, pas les fonds licites et surtout pas avec une banque aussi solide que BPA qui affiche un ratio de liquidités de 80 % », dit-il.

Cadres bancaires « juniors » envoyés par un cabinet d’expertise mandaté qui sortent de leur hôtel… Ils sont une centaine qui continuent à auditer la BPA sous le sourire narquois des vieux Andorrans : « Depuis des semaines, s’ils avaient trouvé quelque chose, on le saurait déjà ».

En savoir plus sur http://www.ladepeche.fr/article/2015/06/19/2127970-l-andorre-est-elle-encore-un-paradis-fiscal.html#FjTrweILwWWXCZzK.99


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