Paradis fiscaux et judiciaires

Troisième villa saisie pour les Balkany

jeudi 13 août 2015 par marieagnes

Troisième villa saisie pour les Balkany

Emmanuel FANSTEN 13 août 2015 à 14:58

ENQUÊTE Après les propriétés de Giverny et de Saint-Martin, la justice a demandé la saisie de la villa « Dar Gyucy », à Marrakech, acquise en 2009 via de tortueux montages fiscaux.

Le patrimoine des Balkany n’en finit pas de s’effilocher. Après leur propriété de Giverny et leur villa antillaise de Saint-Martin, déjà saisies, c’est au tour de leur riad marocain d’être bloqué par la justice. Selon nos informations, confirmant celles du Canard enchaîné, les magistrats chargés de l’enquête ont saisi les titres porteurs de la société panaméenne détenant la SCI « Dar Gyucy », propriétaire du riad de Marrakech occupé depuis 2009 par les Balkany. Cette mesure traduit la volonté des juges de geler toute opération éventuelle, et notamment d’empêcher la vente du riad. Des saisies également utilisées comme garanties avant une possible confiscation, en cas de condamnation devant le tribunal correctionnel.

De tous les biens des époux Balkany, mis en examen pour « corruption » et « blanchiment de fraude fiscale », la villa Dar Gyucy est le plus sulfureux. En raison de l’origine trouble des fonds, mais surtout des montages financiers ayant permis son acquisition. Un cas d’école de délinquance en col blanc. Sur le papier, il est quasiment impossible d’identifier le véritable propriétaire de la villa : elle a été achetée en 2009 par une structure panaméenne financée par une boîte aux lettres immatriculée au Panama mais ayant un compte bancaire à Singapour.

Avec l’aide de Tracfin, le service antiblanchiment de Bercy, les juges du pôle financier ont néanmoins fini par identifier l’ayant droit de ces deux coquilles off shore en la personne de Jean-Pierre Aubry, homme lige des Balkany.

200 000 dollars pour Me Arnaud Claude

L’acquisition de la villa marocaine est d’autant plus embarrassante qu’elle implique un avocat parisien de renom, Arnaud Claude, avocat de la ville de Levallois et surtout associé historique de Nicolas Sarkozy au sein du cabinet « Claude & Sarkozy ». C’est lui qui accompagne Jean-Pierre Aubry chez Gestrust lors de l’ouverture du trust, en 2009. Lui, aussi, qui donne les informations par téléphone à la fiduciaire suisse. « A titre amical », expliquera-t-il dans un premier temps sans vraiment convaincre.

Car non seulement les juges sont persuadés que Me Claude a joué un rôle actif dans le montage financier, mais ils soupçonnent également l’avocat d’avoir été grassement payé pour le faire. Comme l’a révélé Libération, l’enquête a mis en évidence un virement de 200 000 dollars, envoyé depuis une société écran suisse sur un compte à Singapour. Sur le bordereau de virement, est indiqué à la main : « Partie des honoraires de Me Claude ». L’avocat a été mis en examen depuis pour « blanchiment de fraude fiscale ». Dans cet entrelacs de trust et de sociétés écrans, un autre virement effectué en marge de l’acquisition marocaine continue d’intriguer les enquêteurs. D’un montant de 250 000 dollars, il porte la mention « commission rétroactive ». A ce stade, la justice n’a pas encore identifié son destinataire. Lire la suite sur le site du journal Libération.


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