Paradis fiscaux et judiciaires

Banque : la Suisse, coffre-fort du dictateur érythréen

samedi 22 août 2015 par marieagnes

Banque : la Suisse, coffre-fort du dictateur érythréen

Mis en ligne le 20.08.2015 à 05:59

Marie Maurisse

Enquête. Depuis 1993, Issayas Afeworki fait régner la terreur sur l’Erythrée, aussi surnommée la Corée du Nord de l’Afrique. Alors que la population ne pense qu’à fuir, le président amasse patiemment un joli magot, qu’il place discrètement à l’étranger, notamment en Suisse.

La Suisse est une destination prisée des Erythréens. Tous les jours, par dizaines, des réfugiés venus de ce petit Etat de la corne de l’Afrique s’amassent aux frontières du Tessin, cherchant par tous les moyens à échapper à l’enfer et à gagner la liberté dont ils rêvent depuis des années. Avec plus de 2300 ressortissants arrivés entre avril et juin 2015, l’Erythrée est désormais le premier pays d’origine des requérants d’asile en Suisse.

Mais notre nation est aussi appréciée pour d’autres raisons que sa démocratie. Les Erythréens plus aisés, proches du dictateur Issayas Afeworki, aiment à fréquenter les établissements bancaires de la place helvétique pour gérer leurs affaires et enrichir les poches de leur charismatique leader.

L’enquête de L’Hebdo montre qu’une partie des recettes d’Asmara provenant des activités illégales du régime a transité par le biais de comptes à Genève et à Zurich, notamment à UBS. Les sommes se comptent en dizaines de millions.

Main de fer

Avec moins de 600 dollars par habitant et par an, l’Erythrée est l’un des pays les plus pauvres du monde. L’économie est traditionnellement fondée sur une petite agriculture, aux cultures régulièrement touchées par la sécheresse. Le secteur minier est le seul en développement.

[...] Certains habitants sont réduits à l’état d’esclaves. A tel point que tous les moyens sont bons pour s’enfuir : ces cinq dernières années, pas moins de 50 membres de l’équipe nationale de football ont profité de matchs à l’étranger pour prendre la poudre d’escampette.

Pendant que son peuple crie famine, le dictateur encaisse la monnaie. Cet homme puissant, âgé de 69 ans, a mis en place un système juteux pour gagner de l’argent, entièrement géré par sa garde rapprochée ou le parti unique, nommé le Front populaire pour la justice et la démocratie (FPJD).

Celui-ci possède une organisation tentaculaire et monopolistique, le Hidri Trust, qui, elle-même, chapeaute une série de firmes actives dans la construction ou l’édition, dont la Red Sea Trading Corporation.

Officiellement, cette société travaille dans l’import-export de denrées alimentaires. En réalité, elle sert aussi à gérer un circuit financier parallèle et opaque, entièrement au bénéfice du régime. Le Groupe de contrôle de l’Erythrée, une institution qui dépend du Conseil de sécurité des Nations Unies, écrivait dans son dernier rapport, fin 2014 : « De hauts fonctionnaires érythréens continuent d’amasser chaque année des millions de dollars frauduleux grâce à des arrangements commerciaux privés par l’intermédiaire de sociétés contrôlées par le FPJD dans le pays et à l’étranger. »

Le rapport mentionne des comptes à la DZ Bank ou la Commerzbank. Certaines des sociétés offshore sont basées à Chypre, tandis que Dubaï est, de l’avis des experts, la base financière d’Asmara.

Pour le groupe de contrôle, les recettes générées sont « considérables ». Ces fonds ont plusieurs origines : des commissions prélevées sur les bénéfices commerciaux des sociétés ou de gros chèques signés par les sociétés minières au régime d’Asmara pour avoir le droit d’exploiter les sols du pays. Lire la suite.


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