Paradis fiscaux et judiciaires

“1992” , quand l’Italie s’attaquait à la corruption

jeudi 3 septembre 2015 par marieagnes

“1992” , quand l’Italie s’attaquait à la corruption

Hélène Marzolf Publié le 01/09/2015. Mis à jour le 01/09/2015 à 12h20.

L’opération Mains propres mit à bas un système politique vérolé. Mais permit la montée en puissance de Silvio Berlusconi et de la Ligue du Nord. Une série minutieuse revient sur cette désillusion collective.

« En Italie, il n’y a pas de business sans politique. » Cette maxime, assénée par un chef d’entreprise, est au cœur de 1992. En revisitant l’opération Mains propres, le coup de filet anticorruption qui aboutit à l’effondrement de plusieurs partis politiques (dont le Parti socialiste et la Démocratie chrétienne), la série s’attaque à une page d’histoire rarement abordée dans la fiction transalpine. « 1992 a été une année charnière, explique l’un des coauteurs, Alessandro Fabbri. Ceux qui ont vécu cette période ont eu l’impression que, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’avenir s’ouvrait de nouveau. » Pour se refermer aussitôt.

Car ce que raconte en filigrane cette série, à travers le point de vue d’une multitude de personnages, c’est une désillusion collective, et la mise en place progressive d’une autre forme de corruption : « On sait que c’est grâce à sa société Publitalia ’80 que Silvio Berlusconi est descendu dans l’arène politique, deux ans plus tard, poursuit Fabbri. Cette entreprise a créé les bases du parti Forza Italia, et nombre de ses salariés sont devenus députés. Le personnage de Leonardo Notte, le publicitaire, est emblématique de ce lien naissant entre marketing et politique. Leo incarne la figure typique de l’ex-militant d’extrême gauche, qui a lutté pour des idéaux, puis, avec l’arrivée des années 1980 et de la consommation à outrance, est finalement devenu un yuppie affamé de richesses. »

Des avis critiques et très tranchés

Très documentée (notamment grâce à des interviews off de protagonistes de l’époque) et marquée par un souci de reconstitution minutieux, 1992 évoque aussi bien la montée en puissance de la Ligue du Nord que la mainmise d’une télévision décérébrante. « Nous avons voulu montrer l’influence qu’elle a eue sur l’opinion à cette époque et jouer sur un ­effet nostalgique avec des images d’émissions phares comme Domenica in. Il faut rappeler, par ailleurs, que le petit écran a aussi permis à certains magistrats de devenir des icônes. C’est le cas d’Antonio Di Pietro, qui au départ n’était qu’un petit juge du parquet de Milan, ex-commissaire de police un peu malin, et qui s’est trouvé au bon endroit au bon moment. »

Diffusée dans plusieurs pays, cette première saison a suscité de nombreux débats et donné lieu à des avis critiques très tranchés. « Pour les détracteurs de Mani pulite, cette opération était guidée par leurs adversaires politiques. Ses défenseurs, au contraire, évoquent une période où des héros ont osé dire la vérité. Surtout, les journaux se sont emparés du sujet comme s’il s’agissait d’événements actuels. Et de fait, chez nous, cette guerre entre la magistrature et la politique reste un sujet brûlant. »

1992, saison 1. Mardi 1er septembre à 20h40 sur OCS Max.

Source de l’article Télérama.


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