Paradis fiscaux et judiciaires

A fleur de presse - special Dechets

samedi 27 octobre 2007

Côte-d’Ivoire : A fleur de presse - special Dechets

Dossier special Noirs dechets

BDP, Les pillards de la forêt d’Afrique centrale, Arnaud Labrousse, 01/11/2004 [www.bdpgabon.org/content/view/1424/71] :

" Un livre italien, Ilaria Alpi : Un homicide au carrefour des trafics (Baldini & Castoldi, 2002) de Barbara Carazollo, Alberto Chiara, et Luciano Scalettari, enquête sur la mort de la journaliste éponyme, assassinée en Somalie en 1994.

Le trafic pour lequel elle s’était montrée trop gourmande d’infos était celui de déchets toxiques en provenance de la mafia italienne et à destination de l’Afrique. Un repenti du nom de Gianpiero Sebri a accepté de parler aux auteurs : Une fois j’ai assisté à une opération de chargement d’armes et de déchets toxiques. Nous étions dans le port de Hambourg, il y avait avec moi un certain Licata, que Luciano Spada a pu décrire comme un homme puissant et lié au clan mafieux de la " famille " Fidanzati. Il y avait six ou sept conteneurs, qui avaient été transportés par des camions avec des plaques d’immatriculation américaines [ !]. Des armes et des substances extrêmement dangereuses ont été chargées sur trois bateaux. Plus tard, Spada me spécifia qu’il s’agissait de substances radioactives.

Autre témoin haut en couleurs, Nicolas Bizzio est un riche trafiquant italo-américain et résident monégasque, qui dispose d’au moins une villa en Corse du Sud. Lui aussi connaît Spada. Savez-vous combien d’argent on gagne dans des affaires pareilles ? Chaque bateau, selon sa cargaison, peut valoir jusqu’à 50 millions de dollars de bénéfice net. En réalité, j’ai participé à une seule opération, et en pleine légalité : c’était en 1984. Spada s’était rendu en Amérique et avait obtenu le permis de décharger en Guinée les déchets du décapage des navires de la marine militaire US. Mais l’affaire ne se fit pas à cause des protestations des " Verts " européens. Il s’agissait de 50 bateaux de 20 000 tonnes. Il y avait 650 millions de dollars de bénéfices, si l’opération avait pu se conclure. "

Où l’on voit que le trafic de déchets à destination de l’Afrique ne date pas d’hier, qu’il n’a jamais fait la Une des journaux et que les tarifs n’ont guère changé puisque, si l’on en croit la Lettre du Continent [14/09], une main anonyme a donné quatre milliards de Fcfa, soit soixante millions d’euros, pour se débarrasser, via Trafigura et le Probo Koala, de ses saletés, à très très bon marché vu l’érosion de la monnaie et le coût croissant du recyclage.

Á ce prix-là l’expéditeur devait bien se douter que le traitement ne serait pas très raffiné, si l’on peut dire.

Odile Tobner

Extrait de Billets d’Afrique et d’Ailleurs N°151 - Octobre 2006 -

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