Paradis fiscaux et judiciaires

« L’art est propice au blanchiment »

lundi 19 octobre 2015 par marieagnes

« L’art est propice au blanchiment »

Monika Roth, auteure de « Nous entrons sur le marché de l’art » et administratrice d’Ethos Services SA, Genève, dénonce les conflits d’intérêts et l’opacité du marché de l’art. Elle accuse la transformation de l’idée de port-franc à travers la durée illimitée du stockage

Monika Roth, avocate et administratrice indépendante d’Ethos Services depuis 2007, a publié quantité d’ouvrages sur la gouvernance. Elle est aussi l’auteure d’un ouvrage sur les déficiences majeures du marché de l’art et des ports-francs (« Wir betreten den Kunstmarkt », éditions DIKE, 2015). L’idée de l’ouvrage est née après un exposé à Bâle en 2014 sur ce sujet.

Les affaires se succèdent sur ce sujet. Est-ce cela qui vous dérange ? L’énumération des affaires dans la presse me dérange moins que le fait que le marché de l’art soit propice au blanchiment d’argent.

Pourquoi est-ce que vous portez votre regard sur l’art et non pas sur d’autres marchés ? Le marché immobilier pourrait effectivement être aussi concerné, mais il est plus transparent que celui de l’art. On évoquera l’existence de registres immobiliers et la formation des prix. Le marché de l’art est bien plus opaque. Le prix y est le fruit d’une construction sociale. Pourquoi un Gauguin devrait valoir 300 millions de francs ? Les raisons ne sont pas claires. En outre, l’identité du propriétaire d’un tableau est très souvent impossible à déterminer.

Peut-on généraliser si personne ne connaît les chiffres du marché de l’art ? Nous ne connaissons pas les chiffres parce que c’est un marché complètement opaque. A mon avis, le marché de l’art est le dernier grand marché financier à ne pas être régulé. Prenez un exemple : Le grand collectionneur allemand Reinhold Würth possède 17 000 œuvres ! Dans un entretien au journal Le Monde, il déclarait cet automne qu’il considérait ces tableaux comme des placements financiers. C’est donc un marché financier sans réglementation.

Si nous intégrons la question des ports-francs et celles des rôles spécifiques des acteurs où la même personne peut être collectionneur, conseiller, vendeur, alors j’estime qu’il est nécessaire d’agir et de réguler ce marché. Lire la suite sur le site du journal Le Temps.


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