Paradis fiscaux et judiciaires

« Daech vit grâce aux réseaux du crime organisé »

mercredi 18 novembre 2015 par marieagnes

« Daech vit grâce aux réseaux du crime organisé »

Attentats de Paris Entretien avec Alain Rodier, chargé du terrorisme au Centre français de recherche sur le renseignement.

Les bombardements s’intensifient à l’encontre de l’Etat islamique (EI), une mouvance jusque-là portée par de réelles richesses. Ce proto-Etat a pu compter sur une fortune évaluée à des centaines de milliards de dollars, selon des rapports, grâce à des revenus tirés de son sous-sol, où reposent les plus grands champs pétrolifères du monde après ceux d’Arabie saoudite. Raffineries, tours de forage et camions-citernes sont cela dit régulièrement visés, sinon détruits. Comment se porte économiquement Daech dans ce contexte ? Entretien avec Alain Rodier, directeur de recherche chargé du terrorisme et de la criminalité organisée au Centre français de recherche sur le renseignement.

Quels sont, aujourd’hui, les principaux revenus de Daech ?
Des trafics. Le pétrole a rapporté gros à Daech en ses débuts, beaucoup moins aujourd’hui suite aux frappes de la coalition. Une centaine de camions ont encore été détruits hier par des avions américains qui avaient auparavant largué des billets exhortant leurs chauffeurs à sortir de leur véhicule car ils allaient être touchés. L’Etat islamique, selon mes sources, peine désormais même à approvisionner en carburant ses propres véhicules.

[...] L’Etat islamique est-il riche ?
C’est comme Al-Qaida : on a pu dire que cette mouvance était riche au départ, elle qui était soutenue initialement par quelques richissimes Saoudiens. Elle s’est ensuite appauvrie. L’EI, quand il s’est revendiqué en tant que califat en juin 2014, bénéficiait de richesses : les pillages, notamment de banques à Mossoul, des donations, le pétrole, l’agriculture lui ont fourni un important capital, ce qui lui a permis de rémunérer des mercenaires. Daech prélève toujours un impôt direct et indirect auprès des populations.

On parle également de trafic d’art…
Rien n’est prouvé mais je pense qu’ils arrivent à commercialiser les œuvres antiques, toujours par l’intermédiaire des mafias turco-kurdes, des relais qui leur trouvent des clients en Europe et dans les pays du Golfe. Ils ont pu aussi gagner de l’argent avec le trafic d’esclaves, voire de textile. Certains faux t-shirts Lacoste sur les marchés turcs émaneraient de Daech.

Daech trouve donc un relais à travers le crime organisé, et chacun y trouve son compte ?
Dans la région turco-kurde et en Syrie, les réseaux de crime organisé sont plus que traditionnels et beaucoup plus puissants que les mafias italiennes. Ces groupes gèrent depuis des décennies des trafics de toutes sortes, du pétrole aux drogues venant d’Afghanistan. On n’en parle pas, mais je serais surpris que Daech ne soit pas impliqué dans des trafics de drogue. Lire la suite.


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