Paradis fiscaux et judiciaires

"Panama Papers" : un scandale mondial d’évasion révélé, Platini et Poutine concernés

dimanche 3 avril 2016 par marieagnes

"Panama Papers" : un scandale mondial d’évasion fiscale révélé, Platini et Poutine concernés

Par LEXPRESS.fr , publié le 03/04/2016 à 20:06 , mis à jour à 22:08

Le Monde et plusieurs médias internationaux révèlent ce dimanche un scandale mondial d’évasion fiscale. Chefs d’Etat, ministres et leurs associés, personnalités connues comme Michel Platini et Lionel Messi... Le spectre des personnes impliquées est large.

Après le Swissleaks, place au "Panama Papers". Un nouveau scandale d’évasion fiscale vient d’éclater ce dimanche, au terme d’une enquête mondiale menée une centaine de médias étrangers et Le Monde, sous l’égide du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

Le quotidien Le Monde a eu ainsi accès à près de 11,5 millions de documents qui dévoilent les avoirs cachés dans des paradis fiscaux de dirigeants politiques mondiaux, de milliardaires et de vedettes du football.

Une ampleur de données inédite

L’enquête révèle qu’un cabinet juridique, Mossack Fonseca, a permis à de grandes fortunes de cacher leur argent dans des sociétés offshore. Selon Le Monde, 214 000 structures offshore ont été créées ou administrées par Mossack Fonseca, entre 1977 et 2015. Le tout dans 21 paradis fiscaux différents et pour des clients issus de plus de 200 pays et territoires.

Signe de l’ampleur de cette enquête, ce sont plus de "2,6 teraoctets (26 0000 milliards d’octets) de données secrètes qui ont été découvertes, étudiées et analysées par Le Monde et ses 106 médias partenaires, pendant près d’un an", annonce le quotidien du soir.

Ces informations proviennent d’une source anonyme, qui a contacté au début de l’année 2015 le journal allemand Süddeutsche Zeitung, lequel s’est ensuite tourné vers l’ICIJ.

Michel Platini et Lionel Messi concernés

De nombreuses personnalités sont visées par l’enquête. Il s’agit notamment du Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson, du joueur de football Lionel Messi ou de Michel Platini, l’ancien président de l’UEFA.

En tout, 12 actuels ou anciens chefs d’Etat et de gouvernement sont impliqués, mais aussi 128 dirigeants politiques et hauts fonctionnaires. 1000 ressortissants français sont concernés, dont l’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac. Selon le quotidien Le Soir, le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, le roi Salman d’Arabie saoudite, les enfants du président d’Azerbaïdjan et le président argentin Mauricio Macri sont également visés par l’enquête.

Selon l’ICIJ, des entreprises offshore seraient reliées à la famille de Xi Jinping en Chine et au président ukrainien Petro Poroshenko. Les documents révèlent également des informations sur les montages offshore du père défunt du premier ministre britannique David Cameron.

Le cas Vladimir Poutine

Son nom n’apparaît dans aucun document. Pourtant, les montages offshore réalisés par son entourage n’auraient pu avoir lieu sans le consentement de Vladimir Poutine, relève The Guardian. Pendant plusieurs années, ses proches ont amassé des centaines de millions d’euros "puisés dans l’argent public, au service de l’oligarchie du régime", indique Le Monde.

Pour sortir l’argent de Russie, les amis de Vladimir Poutine ont multiplié les techniques, indique le journal français : "des crédits accordés par des banques publiques russes et jamais remboursés" jusqu’aux "prêts transférés de main en main jusqu’à s’évaporer".

Au coeur de ce système, Bank Rossia, qui a rendu possible tous ces montages financiers. Au bout, ce système aurait permis "d’investir le coeur des industries stratégiques russes", relève Le Monde, et "de soutenir les affaires de l’un ou l’autre des membres du clan".

Une technique élaborée d’évasion fiscale

Le cabinet Mossack Fonseca, implanté au Panama est la pierre angulaire de l’enquête. Cette structure s’est spécialisée dans la "domiciliation de sociétés écrans dans les juridictions offshores", note Le Monde. Ces sociétés sont souvent constituées pour masquer l’identité de leurs véritables propriétaires, qui peuvent y dissimuler leurs actifs grâce à des prête-noms.

Pour autant, toutes les sociétés offshores ne sont pas forcément entachées d’illégalité. Certaines peuvent avoir une existence légitime, notamment quand elles ont une activité économique. Chez Mossack Fonseca, "l’argent propre côtoie l’argent sale" mais aussi "l’argent gris (celui de la fraude fiscale)" et "l’argent noir (celui de la corruption et du crime organisé)", souligne Le Monde.

Source de l’article.


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