Paradis fiscaux et judiciaires

Panama Papers : la technique du régime syrien pour éviter les sanctions

lundi 4 avril 2016 par marieagnes

Panama Papers : la technique du régime syrien pour éviter les sanctions

Le régime syrien a pu contourner les sanctions internationales et financer sa machine de guerre grâce entre autres à trois sociétés-écrans.

Source AFP
Publié le 04/04/2016 à 17:24 - Modifié le 04/04/2016 à 19:17 | Le Point.fr

Le régime syrien a été en mesure de contourner les sanctions internationales et financer sa machine de guerre grâce, entre autres, à trois sociétés-écrans basées aux Seychelles dont le nom a été révélé dans l’enquête "Panama papers" publiée entre autres dans le quotidien français Le Monde. D’après cette enquête d’un consortium d’investigation regroupant 109 médias de 76 pays, la domiciliation de sociétés dans des paradis fiscaux est également pratiquée de longue date par Rami Makhlouf, richissime cousin du président syrien Bachar el-Assad frappé de sanctions, et l’une des figures les plus vilipendées par les opposants du régime.

Selon l’enquête menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), la Süddeutsche Zeitung et leurs partenaires, "trois sociétés syriennes désignées par le Trésor américain comme ’soutiens de la machine répressive syrienne’ ont eu recours aux services de Mossack Fonseca (cabinet d’avocats du Panama) pour créer des sociétés-écrans aux Seychelles", écrit Le Monde, un des journaux ayant participé à l’enquête. En outre, les sociétés-écrans étaient "une façon, pour le régime syrien, de contourner les sanctions internationales qui le frappent depuis le début de la guerre et de camoufler la fortune des Assad", au pouvoir depuis près d’un demi-siècle, ajoute le journal.

Trois sociétés syriennes au coeur du scandale

L’enquête sur la base de documents provenant du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca a révélé des avoirs dans les paradis fiscaux de 140 responsables politiques ou personnalités de premier plan. Les trois sociétés syriennes, Pangates International, Maxima Middle East Trading et Morgan Additives Manufacturing, "ont fourni du carburant à l’aviation militaire du régime syrien, dont les bombardements indiscriminés (...) ont tué plusieurs dizaines de milliers de civils depuis le début du conflit" en 2011, d’après les documents consultés par Le Monde. Ces trois sociétés ont été inscrites sur la liste noire du Trésor américain en juillet 2014 et "l’une d’entre elles, Pangates, spécialisée dans les produits pétroliers raffinés, appartient au groupe Abdulkarim, considéré comme proche du pouvoir syrien et basé à Damas", précise le quotidien français. Les échanges entre Pangates et Mossack Fonseca prouvent que les liens entre la société basée aux Émirats arabes unis et le cabinet panaméen remontent à 1999, indique Le Monde, et ce n’est qu’en août 2015 que le cabinet s’inquiète enfin des activités, de la propriété et des sanctions visant la société.

Première fortune privée en Syrie, le milliardaire Rami Makhlouf, qui domine l’économie du pays, avait également eu recours à des sociétés-écrans comme Drex Techonologies SA, enregistrée en 2000 dans les îles Vierges britanniques qui, une décennie plus tard, se sont inquiétées de la légalité de cet enregistrement. Selon les correspondances internes de Mossack Fonseca que Le Monde a pu consulter, "le responsable du département de contrôle de conformité a plaidé pour couper immédiatement les ponts" avec cette société, mais en raison des réticences d’un autre employé de Mossack Fonseca, cette rupture n’aura lieu qu’en septembre 2011.


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