Paradis fiscaux et judiciaires

Et si le financement de Nicolas Sarkozy par Kadhafi était passé par la Suisse...

samedi 16 avril 2016 par marieagnes

Et si le financement de Nicolas Sarkozy par Kadhafi était passé par la Suisse...

Par Ian Hamel -
16 avril 2016

Les juges qui enquêtent sur un éventuel financement libyen de la campagne de Sarkozy s’intéressent au rachat, via des comptes de riches séoudiens au Panama et en Suisse, d’une villa à Mougins sur la Cote d’Azur.

La Libyan Africa Portfolio (LAP), un fonds doté de 8 milliards de dollars, installé à Genève et présidé par Bachir Saleh Bachir, le chef de cabinet de Kadhafi, achète en mai 2009 une villa à Mougins, sur les hauts de Cannes. Le vendeur de la maison ? Une société panaméenne, Bedux Management Inc, qui sera dissoute en août 2010. Avec pour prête-nom, une certaine Diana Sanchez Gonzalez, à la fois présidente et directrice. Rien que de très classique dans l’univers obscur des paradis fiscaux. D’autant que l’argent revient à Genève.

La justice suisse souligne que « ce contrat aurait été passé dans le but de détourner des fonds, le prix versé par la seconde entité précitée à la première ayant été sciemment surévalué ». Les enquêteurs helvêtes sont tombés à cette occasion sur plusieurs flux financiers suspects, notamment sur un versement de 10 140 000 euros en 2009 qui aurait été versé, pensent les enquêteurs suisses, en faveur d’un riche homme d’affaires séoudien, Ahmed Bugshan. Lequel n’est autre que le cousin de Khaled Bughsan, le financier mis en examen à Paris qui est à l’origine d’un virement suspect d’un demi million d’euros à Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée, et plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy.

Des circuits opaques

Or les magistrats français, qui ont ouvert une information judiciaire contre X pour « corruption », « trafic d’influence », « abus de biens sociaux » dans l’enquête sur un éventuel financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par Kadhafi, ont adressé une commission rogatoire internationale en Suisse. Détail surprenant, ils évoquent eux aussi, dans leur transmission, un virement jugé douteux de 10 140 000 euros.

L’hypothèse avancée par les enquêteurs suisses et français serait que pour brouiller les pistes, l’argent n’aurait pas été directement versé par les Libyens à Nicolas Sarkozy en 2007. Les fonds auraient transité par une autre entité, qui aurait été remboursée seulement en 2009.

Comptes bloqués

En mars 2015, toujours à la demande de la justice française, le domicile de Chêne-Bougeries (dans le canton de Genève) de l’intermédiaire français Alexandre Djouhri, proche de Claude Guéant, est perquisitionné, ainsi que celui de Wahib Nacer, un banquier franco-yéménite, chargé de la clientèle moyen-orientale au Crédit Agricole de la Cité de Calvin, et financier … de la famille saoudienne Bugshan. Le procureur Jean-Bernard Schmid déclare dans la presse suisse que les perquisitions ont « duré plusieurs jours », une abondante documentation sur papier et supports électroniques ayant été saisie.

Au vu de ces perquisitions, la justice suisse bloque deux comptes appartenant au richissime homme d’affaires saoudien Ahmed Salem Ahmed Bugshan. Lire la suite.


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